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Souvenirs d'une fin d'été en Californie

Avis sur Honeymoon

Avatar Raton
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Lana del Rey a du talent, il est maintenant impossible de le nier.
Très critiquée à ses débuts et avec le succès de son "Born to Die", Lana a été prise pour une de ces artistes charmantes mais peu mémorables, une one hit wonder dont l'aura s'éteint après quelques mois passés dans les charts.
A la fin de 2012, Lana fait paraître "Paradise", EP qui complète l'album précédemment cité et qui permet de réunir une fanbase autour de cet OVNI musical venu directement d'une époque sépia/radio.
En 2014, Lana surprend et sort "Ultraviolence" et s'affirme en tant que reine de la mélancolie susurrée.

Septembre 2015, sort "Honeymoon" après une promotion française très discrète.
En 1 an et 3 mois, Lana parvient à égaler si ce n'est dépasser le niveau de "Ultraviolence".
Ce nouvel album est l'incarnation de l'univers del Rey dans toute sa complexité et ses nuances.

Une fois l'album lancé, on se laisse porter au gré du spleen del Rey, on sent sous les doigts le sable chaud de Venice Beach, le parfum de la langueur californienne et des après-midis qui s'étirent indéfiniment avant de se jeter dans l'océan à l'heure où les vagues ne sont plus qu'un murmure.

Là où "Born to Die" était redoutablement efficace avec l'arsenal de tubes pop baroque-mélancoliques qu'il renfermait et où "Ultraviolence" dévoilait la face sombre de la chanteuse new-yorkaise, "Honeymoon" se révèle être une oeuvre superbement riche dans laquelle les morceaux aux ambiances hétéroclites se réunissent autour de ce charme de la côte ouest, planant, à la frontière du psychédélisme.

Aux plages dream pop (High By The Beach) succède le club jazzy (Terrence Loves You).
Tantôt écrasée par le soleil (Honeymoon), tantôt mélancolique à l'instar de ses débuts (Religion, The Blackest Day), Lana enchaîne les costumes, de la latino féline (Salvatore) à la femme soul (God Knows I Tried, sûrement le plus grand morceau de l'album) à l'aide de son talent de composition et de sa science raffinée de la mélodie.

Lors de ma première écoute, j'ai trouvé les derniers morceaux légèrement plus faibles que les excellents six premiers, mais en réalité leur sobriété n'est pas un gage de fragilité, au contraire. La finesse de la chanteuse s'y ressent tout autant. Ainsi, le final avec la reprise de Nina Simone est loin d'être le chant du cygne de l'artiste et n'augure pas les jours les plus noirs pour sa musique.
Loin d'être honnie, Lana s'impose ici comme la lune de la musique californienne, majestueuse, entre clarté et obscurité.

Je lui laisse le mot de la fin :

Baby, if you wanna leave

Come to California

Be a freak like me, too

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