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Avis sur Humanz

Avatar TarkovskiNautique
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A mes yeux, la grande force de Gorillaz aura toujours été de servir de panorama de l'état actuel de la musique et de révéler l'incroyable flair d'Albarn quand il s'agit de dénicher des artistes prometteurs. Gamin, écouter Demon Days aura été un tournant pour moi, et m'a fait découvrir des artistes et des genres qu'encore aujourd'hui je chéris tendrement: MF DOOM; De La Soul, etc... Encore aujourd'hui, les deux premiers albums du groupe font pour moi figure d'instantanés de ce que pouvait être la musique des noughties, comme une espèce de pot-pourri sublimé et profondément différent de ce que pouvait être la musique à cette époque.

Et à mes yeux, Humanz remplit parfaitement son rôle de miroir de la musique en 2017. Alors, certes, on est bien loin de l'indie rock mâtiné d'une touche de hip-hop underground de Gorillaz ou de la la pop aérienne teintée de reflets indus de Plastic Beach, mais c'est parfaitement normal: dans les 7 ans qui séparent Plastic Beach de Humanz, le paysage musical a grandement changé. Le projet d'Humanz de représenter le paysage musical d'une soirée pré-apocalyptique post-Trump implique donc logiquement de faire appel aux artistes qui aujourd'hui représentent la musique, et à ce titre, à aller piocher des collaborations aussi étranges à premières vues que Popcaan, ambassadeur de la dancehall jamaïcaine auprès de la scène musicale londonienne, ou Pusha T, qui malgré son talent évident, semble aux antipodes de ce qu'on pourrait attendre d'un featuring rap sur un album de Gorillaz (cf Mos Def ou DOOM).

Et pourtant, ça marche. Oui, l'album est super bordélique, oui, Albarn est souvent invisible, oui, ça ne ressemble pas vraiment aux 3 albums précédents du groupe (The Fall ne comptant pas vraiment, soyons sérieux), mais putain, Humanz est bourré de bons morceaux. Alors, certes, si vous êtes pas fan de rap, de pop ou d'électro, vous n'aimerez sûrement pas Humanz, mais à mes yeux, la fusion à laquelle procède Albarn est aussi osée que réussie. Paradoxalement, De La Soul passe parfaitement sur le beat bourrin de Momentz (co-produit par Jean Michel Jarre accessoirement), Grace Jones et l'électro indus de Charger sont une combinaison parfaite, et Mavis Staple se marie parfaitement à Pusha T et au beat trapo-jamaïcain de Let me Out.

Et malgré ce changement radical de son, subsiste encore la touche Gorillaz, ce petit quelque chose dans la production qui n'en fait pas simplement de l'électro-pop-rap générique: Busted and blue fait ainsi figure de nouveau On Melancholy hill, mais en plus dépouillé et peut-être encore plus beau, le beat d'Ascension rappelle November has come dans sa relecture détonante des canons du beat de rap 2017.

Au final, Humanz est un album qui me parle profondément, bien que je comprenne parfaitement tous les reproches que j'ai pu lire à son sujet ces derniers jours. Le gamin de 8 ans qui découvre Demon Days que j'étais n'est plus, et il y'a quelque chose de profondément jouissif à voir certains de mes rappeurs préférés de ces dernières années (Pusha T, Danny Brown ou Vince Staples pour ne citer qu'eux) poser sur des beats originaux du groupe qui m'a fait par le passé découvrir MF DOOM. Humanz est-il encore vraiment un album de Gorillaz? Rien n'est moins sûr, mais c'est certainement un parfait polaroïd de la musique en 2017 dans ce qu'elle a de meilleur: trans-genres, inventif, et aussi dansant que malin. Et à mes yeux, c'est parfaitement suffisant.

7/10

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