Vous ne trouvez pas les toutes dernières sorties ? C'est normal : on rencontre un petit problème avec la base de données Musique. Désolé du désagrément et merci pour votre patience. On revient vers vous dès que la cause du problème est réglée.

Avis sur

Hymns par Raspaillac

Avatar Raspaillac
Critique publiée par le

J'avais pas aimé Intimacy (2008), j'avais un peu plus aimé Four (2012), enfin ça allait quoi, c'était pas la folie non plus, c'était globalement inintéressant mais se laissait écouter sans déplaisir avec quelques morceaux qui tenaient la route (Octopus, Real Talk). C'est pas pour autant que j'attendais quelque chose de « Hymns », quand tu regardes ta barre d'outils et que tu vois que ça fait déjà 9 ans que Bloc Party a sorti son dernier bon truc (A Weekend in the City), il faut apprendre à se résigner et à se passer les 4 premiers morceaux de Silent Alarm en boucle pendant que tu fais du rocking-chair en PLS dans un coin de ton jardin.

L'infâme single The Love Within laissait présager le pire, mais finalement c'est le seul morceau de l'album qui fait ressentir autre chose qu'un profond ennui (malheureusement, c'est parce qu'il est très agaçant). Il contient cependant les principaux éléments qui sont le fil conducteur de Hymns : un manque criard d'inventivité et d'ambition, des paroles assez vaines et stupides (bon ça, la bonne foi m'oblige à dire que ça a toujours été un peu le cas), une mélodie horripilante.

La batterie fait pitié, j'aurais pu la faire sur une appli iPhone sans aucun problème, c'est d'autant plus dur quand tu passes après Matt Tong (celui de Silent Alarm, pas de Four, cela va sans dire). Les courts passages de guitare ou de « « « « « solos » » » » » sont du niveau 1ère année quand tu apprends les gammes pentatoniques, que ton prof de laisse partir en impro et que tu crois sortir un riff enflammé alors qu'en fait t'as juste fait l'intro de J'ai demandé à la lune. Du coup, ce parti-pris minimaliste laisse toute sa place à Kele Okereke, et malheureusement c'est là qu'on se rend compte qu'il est vraiment mauvais. Quand il se lâche sur de bonnes instrus sur Silent Alarm, il passe bien, mais le style ballade électronique (comme sur Fortress, sorte de sous-Bon Iver particulièrement mauvais) ne lui va absolument pas, sur chaque morceau tu l'imagines en train de tourner sur lui-même dans un terrain vague en regardant le ciel comme dans tous ces clips rincés qui tournent sur YouTube. La mélancolie, il faut laisser ça aux bons chanteurs.

Pour en revenir aux lyrics, il y a un vrai décalage entre les paroles pseudo-spirituelles (Dieu, les arbres, les plantes) et cette espèce de sous-pop NRJ qui les rend vite assez ridicules (à titre d'exemple, les états d'âme très premier degré comme sur The Good News qui est pourtant un des morceaux les moins mauvais de l'album : « I used to find my answers in the Gospels of St. John / Now I find them at the bottom of this shot glass », non seulement c'est pété mais en plus ça rime même pas), sans parler du fait que ces paroles en plus de ne rien raconter sont les mêmes tout le long de l'album. On a compris que tu cherchais des réponses Kele, mais si ce n'est que ça va voir quelqu'un qui peut t'en apporter, un curé, un soralien, Eric Cantona, qui tu veux, mais ne casse pas les couilles à tes ex-fans avec des morceaux aussi indigestes.

J'en viens au principal problème avec Hymns : il fait 15 putains de morceaux. Pourtant Kele et Russell Lissack savent ce que c'est du bon son, ils ont fait Banquet, ils ont fait Positive Tension, ils ont fait Song for Clay, ils doivent bien se rendre compte que ce qu'ils font là c'est de la merde, s'ils nous respectaient un peu ils feraient comme Radiohead, ils sortiraient 8 morceaux, et là on dirait « c'est de la merde mais au moins ils nous ont respecté », mais non, 15 morceaux, ça a le niveau de forçage d'un retour de Sarkozy en politique, et encore lui le bouquin qu'il a sorti fait pas 600 pages. Je me suis farci l'album en intégralité 3 fois et je vous le souhaite pas.

Il y a bien quelques morceaux de transition potables, comme Into The Earth, qui auraient leur place sur la face A d'un album avec 3 ou 4 morceaux charnières qui structurent le tout, mais là ça fait plus prise de respiration avant de replonger dans les abîmes du pop/rock. Globalement on a quand même l'impression d'écouter le même morceau pendant 45 minutes (enfin sauf The Love Within, lui il sort du lot, mais plus parce que c'est ultra naze qu'autre chose). C'est ennuyeux, sans relief, techniquement paresseux, ça respecte rien, ils peuvent être contents d'avoir sorti Silent Alarm dans une autre galaxie parce que s'ils avaient commencé par ça ils seraient vite retournés casser des cailloux comme Sixto Rodriguez.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 222 fois
4 apprécient

Autres actions de Raspaillac Hymns