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In Step par Benoit Baylé

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Loin du critique rock clairvoyant l'idée absurde de fournir des chroniques objectives et fédératrices, cependant il est des artistes qui mobilisent une intelligentsia dithyrambique et unanime, comme le bluesman Stevie Ray Vaughan. Souvent cité comme l'un des plus grands guitaristes de tous les temps, sa courte carrière a facilité son élévation au rang des légendes déchues du rock. Néanmoins, cette adoration n'est-elle pas aveugle sur de nombreux points ? Bien sûr, les trois premiers LP's du natif d'Austin apportaient un certain vent de fraîcheur et de renouveau au monde du blues, mais Soul to Soul (1985) laissait entrevoir une faiblesse dans la composition chez un artiste qui demeure bien meilleur dans l'exercice de la reprise ("Voodoo Child", "Little Wing", "Mary Had a Little Lamb"...). Après quatre ans de pause et une victoire contre la drogue, SRV revient en 1989 avec In Step, son dernier effort.

6 ans ont passé depuis Texas Flood, et pourtant ce blues d'écorché vif si appréciable chez Stevie Ray semble s'être évaporé simultanément à sa consommation de stupéfiants. La seule stupéfaction provoquée par In Step, outre une production eighties aussi agréable qu'un crissement d'ongles sur un tableau noir, réside dans ce son de clavier de Reese Wynans, insoutenable de kitchitude, qui rappelle fortement les pires déconvenues d'un certain Eric Clapton dans la même période (les plus sceptiques sont priés de s'écorcher les oreilles sur son August, co-écrit avec Phil Collins en 1986)... Ces défauts auraient pu être outrepassés par le mélomane si le génie Vaughanien habituel transparaissait au travers de ces 10 titres, cependant mis à part quelques fulgurances jouissives ("Wall Of Denial", au riff incontournable et aux soli incroyables ou encore "Tightrope", une des meilleurs compositions du cow-boy guitariste), l'ensemble est très faible. Les blues sont traditionnels et peu originaux ("Travis Walk", "Scratch-N-Sniff"), et les reprises, que le Texan réussit d'ordinaire à transcender, sont insipides et sans âme ("Love Me Darling" d'Howlin' Wolf, "Leave My Girl Alone" de Buddy Guy). Quant à instrumentale jazzy "Rivera Paradise", sympathique à défaut d'être mémorable, elle provoque des réminiscences positives sur l'oeuvre passée d'SRV, mais encore une fois ce satané Reese Wynans vient gâcher la fête avec un solo de piano honky tonk très désagréable...

En 1989, le génie Stevie Ray Vaughan n'est plus que l'ombre de lui même. Le blues empreint de sueur, de rage et de technique imparable du Texan s'est évaporé au détriment d'un manifeste inutile totalement surrestimé (Grammy Award en 1990 du meilleur album de blues).

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