Vous ne trouvez pas les toutes dernières sorties ? C'est normal : on rencontre un petit problème avec la base de données Musique. Désolé du désagrément et merci pour votre patience. On revient vers vous dès que la cause du problème est réglée.

Mettez Bleach et Nevermind au thermomix, et vous obtiendrez un bel In Utero

Avis sur In Utero

Avatar Ecto
Critique publiée par le

Février 1993. Nirvana enregistre son troisième album studio, In Utero, dans le reculé Pachyderm Studio du Minnesota. Si tout le groupe est épuisé par le succès de Nevermind, Kurt est sans nul doute le plus affecté des trois par ce changement si brusque dans sa vie, de son passage de jeune punk-rocker lambda au statut de rockstar héroïque, papa, victime des tabloid et junkie confirmé. En dépit de cette fatigue généralisée, le groupe remet le bleu de travail et enregistre en ce mois de Février leur troisième et dernière album, le chaotique In Utero. Dès le départ, il était dans l'intention du groupe de donner à ce disque un teinte beaucoup plus sombre qu'à Nevermind, et de retourner à des sources beaucoup plus punk propres à leur début. Cependant, il s'avèrera que cet album est loin d'être un retour en arrière pour Nirvana, bien au contraire.

Cet envie de beaucoup moins faire plaisir à l'auditeur transparaît directement dans les premières maquettes de l'album. A tel point que le groupe revoit toute sa copie en Avril de la même année : Kurt juge que la voix et la basse ne se font pas assez entendre dans le mixage des chansons, et le tout est retravaillé avec Scott Litt et Andy Wallace (qui s'occupait du mixage sur Nevermind). Après tout un travail en amont et une stratégie marketing du label Geffen, l'album sort enfin en Septembre, sept mois après l'enregistrement : le bébé In Utero, dans lequel Albini ne reconnaîtra même pas son travail.

Si j'ai choisi ce titre à rallonge, c'est parce que je pense sincèrement que cet album est le plus représentatif des aspirations artistiques et musicales de Kurt Cobain, en mariant avec brio un punk nihiliste et sombre avec une pop ingénieuse et éclairée. On peut parfois, certes, ressentir un éparpillement ou un manque de cohérence au fil de l'album, mais c'est aussi ce qui fait son charme : on navigue réellement dans les eaux torturées du psychisme Cobainien, qui peut déverser ses tripes sur Milk It comme murmurer un air fluet sur Dumb. Bien souvent, Les compositions sont plus atonales et moins évidentes que sur Nevermind : la progression d'accords singulière de tourette's, la mélodie classe de Very Ape, on sent vraiment un Kurt inspiré.

Comment cependant ne pas évoquer les chef d'oeuvres mélancoliques de l'album ? Pennyroyal Tea, le plus tragique, Heart Shaped Box, le plus passionné, Dumb, le plus désabusé, et le grand All Apologies, qui est pour moi une allégorie de ce genre de chanson mélancolique qu'on écouterait lors d'une matinée ensoleillée d'Hiver, où la clarté des flocons n'aurait d'égal que le rayonnement blanc du soleil. Une sorte de goût doux amer dans la bouche, qu'on ressent lorsque Kurt nous adresse toutes ses excuses, lui "marié, enterré".

Au final, In Utero est sûrement l'album le plus intéressant et le plus recherché de la carrière de Nirvana. Il sort des sentiers battus (Milk It, Scentless Apprentice), tout en proposant des titres plaisants et poignants (Heart Shaped Box, Dumb) et d'autres énergiques typés Nevermind (Rape Me, Serve the Servants). Un voyage qui vaut vraiment le coup si vous êtes curieux de découvrir une autre facette du groupe que des gens réduisent trop souvent à Nevermind.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 1435 fois
20 apprécient · 1 n'apprécie pas

Autres actions de Ecto In Utero