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La pop sous torture

Avis sur In Utero

Avatar Legeno
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Nirvana est un groupe que, comme 99% des gens de mon âge, je n'ai découvert -et connu- qu'à travers Nevermind. Faut dire que Nirvana, ça puait la classe quand on avait 15 ans, entre ces riffs ravageurs, cette attitude rebelle de Cobain, cette qualité mélodique certaine. Mais en grandissant, on se désintéresse, lasser par cette musique que l'on juge comme une connerie pour ado très vite. Puis on apprend que Nirvana en fait, ça a pas fait que Nevermind, mais trop tard, Nirvana reste souvent le groupe qu'on écoutait quand on était ado, mais qu'on est sûr de ne plus jamais revoir car persuadé qu'il n'y a plus aucun intérêt. Puis un jour, j'ai franchi le cap d'y revenir, ne serait-ce que au nom du bon vieux temps où ma mère me déposait encore au collège et où boire du whisky Coca en soirée nous donnait l'impression d'être des rebelles anarchistes. Au début avec seulement les plus connues, Smells like teen spirit ou Come as you are. Et de dieu, que c'était bon. Pas bon dans le sens musical, mais dans le sens émotionnel, je me suis souvenu à quel point je me sentais invincible à l'époque à l'écoute de ces chansons. J'ai donc décidé de redonner une chance à Nirvana, mais pas avec Nevermind, je l'ai déjà trop torché dans mon adolescence. C'est donc sur In Utero que j'ai porté mon choix, album que l'on m'a présenté comme le plus complexe, le plus adulte de Nirvana.

Et pour ça aucun doute n'est permis, c'est bien l'empreinte du groupe, cette simplicité limite barbante, mais que seul Cobain savait faire. Mais le gros changement avec cet album, c'est sa noirceur, son côté tordu, limite malsain, sans queue ni tête. Un album où des chansons à la qualité mélodique frôlant la niaiserie (Heart-Shaped Box, Dumb) se calent entre des oeuvres tortueuses (Scentless Appentice, Milk It), qu'on croirait sortie de la tête d'un malade mental. In Utero, c'est un peu comme un album de rock lambda que l'on a torturé de long mois de toute les façons possibles et imaginables.

Un album qui n'aura jamais vraiment trouvé son public à sa sortie, renié par Cobain lui-même, qui aura pourtant mis toute son âme dedans, transmettant une part de lui-même, crachant une ultime fois sa haine, son mépris, sa détresse.

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