Animaux.

Avis sur Iowa

Avatar 21st Century  Christ
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Slipknot est un animal. Un animal battu par ses maîtres, torturé jusqu'à plus de souffle, vivant sur la limite. Une limite atteinte de nombreuses fois avec le diptyque "Slipknot/Iowa". J'ai souvent tendance à rapprocher ces deux albums car les points communs sont nombreux, que ce soit au niveau de l'énergie ou de la bestialité. Deux aspects que perdra le groupe dès "Vol. 3 (the Subliminal Verses)" et qui lui fera perdre tout intérêt.

En 2001, Slipknot propose son deuxième vrai album ("Mate Feed Kill Repeat" étant renié par ses géniteurs) : "Iowa". Iowa, la terre du septuor, la fierté et l'engouement comme aime à le répéter Corey Taylor.
Suivant les traces de son grand frère, "Iowa" décuple cette énergie caractéristique en ajoutant une dose de maturité évidente. L'album éponyme souffrait d'une tendance à l'éparpillement néfaste, créant ainsi une sorte de lassitude meurtrière. De plus, une question se posait : mais où veux en venir le groupe ? Car, Slipknot, c'était un gros bordel. Mais (heureusement), "Iowa" remet les pendules à l'heure et balance des titres brutaux, non dénués de feeling. Le refrain à la voix claire de "My Plague", le chant effréné sur "Everything Ends", les coups saisissants de percussions de "Skin Ticket", les hymnes au headbang que sont "The Heretic Anthem" ou "Disasterpiece" ou encore la longue pièce glauque, quasiment expérimental à certains moments qu'est la chanson éponyme... Tous ces détails sont des avancées non négligeables, rendant la musique, de ce fait, bien plus intéréssante.

Slipknot ne se pose pas vraiment de question au niveau de la technique et préfère créer une masse sonore imposante, enrobant l'auditeur dans une sorte de bulle hermétique, où la violence et la rage cohabitent. "Iowa" transpire la haine, le ressentiment, la colère. Des choses négatives qui apparaissent à travers les murmures/cris d'un Taylor déchaîné, le jeu carré et martial de Joey Jordison ou les quelques bribes de riff éparpillés au large. D'ailleurs, certains passages font penser à Sepultura, période "Roots". Peut-être ce côté tribal épuré de toutes conventions ("I Am Hated" au rythme déconstruit).

"Iowa", contrairement à son aîné, arrive à convaincre et mieux, à passionner. Il y a toujours quelque chose à découvrir à chaque écoute ; un sample discret, une timbale balafrée, un effet distordant et j'en passe. Bien que n'étant pas parfait, l'album reste un plaisir pur et s'impose comme une légende du début des années 2000 malgré le rejet (parfois stupide) d'une part du public (ridicule) du genre Hard Rock/Metal.
Idéal pour se défouler, en somme.

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