A black man in a white world

Avis sur J’rap Encore

Avatar Gwangelinhael
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J’rap encore : huitième album solo de Kery James en déjà 28 ans de carrière.
Oui, Kery James a commencé très tôt, encore minot.
Le Fil rouge de cet album est comme souvent chez Kéry la lutte contre le racisme quotidien et celui plus insidieux encore celui du racisme systémique. J’ai lu que l’unité de thématique pouvait être lassante à la longue.
Personnellement, je trouve les textes de Kery James nécessaires et salvateurs, surtout aujourd’hui, surtout en ce moment où les chemises brunes de la pensée ont rarement été aussi présente. Tu me diras : « Ça fait 28 ans que Kery James nous parle de racisme ! » Et c’est bien ce que je trouve de plus déplorable, la situation a à peine évoluer depuis l’adolescence de Kery James. Lui même le regrette :

J'voudrais parler d'autre chose que de ma couleur, crois moi défendre d'autres causes
Mais menotté au sol on prend rarement de la hauteur.
Extrait de Blues feat.Féfé

Alors heureusement qu’il est là Kery James pour dénoncer encore et toujours le racisme ambiant au pays des droits de l’homme.
On laisse s’exprimer, des racistes notoires sur le service public, notamment, qui déversent leur haine à longueurs d’ondes et de torchons, qui créé en France un climat malsain à la limite de la guerre civile. Le pouvoir en France est de plus en plus discriminant sous son sourire d'Ange. J'me souviens d'un reportage télévisé du 20 juillet 2019, pour la troisième marche anniversaire de la mort d' Adama Traoré avec le soutien des gilets jaunes. Et les jeunes banlieusards de dire face caméra : "Pour la plupart d'entre eux les gilets jaunes découvrent les violences policières qui sont notre quotidien depuis toujours." Glaçant message d'une partie de notre République.

En vérité j'suis à ma place quand j'les dérange
Le mélancolique

J'aurai tendance à penser que tous les morceaux sont bons mais j'ai peur d'être aveuglé par l'amour que je porte à Kéry.
Même le feat avec l'improbable Soolking - dont c'est le meilleur titre à mon goût - est pas mal. L'homme qui n'a pas besoin de vocoder, joue des influences du chanteur algérien.
Kery James a toujours su trouver des featuring étonnant et à contre courant à l'instar des parents d'Angèle dans Pense à moi sur Mouhammad Alix son album précédent.
Ici plus conventionnel, je le vois plus comme le grand frère qui donne un coup de pousse à une petite frangine, Piqué avec Chilla. Aider les frangines à faire entendre leur voie dans le rap,hexagonal, n'est pas une mince affaire, souviens toi de Diam's.
Piqué est un morceau sentimental sur son de guitare acoustique et choeur de Féfé, c'est joli mais ce n'est pas le titre le plus puissant de Chilla ni de Kery.
Une des perles de l'album s'intitule Amal et raconte l'histoire d'Amal Bentounsi, l’incarnation de la volonté et de l'obstination. Un texte superbe sur une femme d'exception, instigatrice de la « Marche de la dignité et contre le racisme » et fondatrice du collectif « Urgence notre police assassine »
Plus le temps passe plus j'aime Kery James et son engagement sans faille.
J'attend avec impatience la suite, notamment son film Banlieusard.

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