"Nuits blanches, idées noires"

Avis sur La fête est finie - Epilogue

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Souvenez-vous...Il y a pratiquement un an, le rappeur ninja manga Orelsan sortait son troisième album studio "La fête est finie". Je dois l'avouer, avant la sortie de cet album, j'étais un néophyte impartial de l'oeuvre musicale du jeune Aurélien, je n'avais pas accroché avec son album "Perdu d'avance" et encore moins avec l'album des Casseurs Flowters. Pourtant, j'ai toujours ressenti la vibe électrique qui se dégageait des textes du rappeur : une puissance dérangeante et un flow envoutant.

C'était donc le 20 octobre dernier ; Orel vient de sortir son troisième album et la consécration musicale et artistique est bien présente. Le tracking est parfait, les textes sont particulièrement bien soignés et le style du rappeur est désormais encré dans le monde du rap français.

1 an plus tard, autrement dit, cette nuit à 00h00, je lance la première écoute de l'Épilogue, la réédition "augmentée" de son album "La fête est finie". Ce nouveau projet est composé de 11 titres inédits qui marquent la fin du chapitre, la fin d'une histoire, la renaissance d'un artiste. Porté par le premier extrait et le clip fabuleux de Rêves Bizarres avec Damso, Orel' livre aujourd'hui 10 autres morceaux qui bousculent, qui s'excusent, qui pardonnent.

"Épilogue" est un renouveau, une sorte de réécriture plus mature et réfléchie de son précédent opus. Si la première écoute de l'album peut être considérée comme une profession de foi musicale et parolière, on retiendra surtout l'émotion tactique et technique qui se dégage de ces dix morceaux.
Après avoir détruit la réputation grandiloquente de sa propre famille dans la chanson "Défaite de famille", le rappeur revient sur ce même sujet avec une empathie presque touchante qui implore un pardon après avoir commis l'irréparable, la faute de trop, le texte ravageur.

Il en sera de même pour la plupart des chansons de l'album, Orelsan veut nous montrer qu'il a grandi, qu'il est désormais casé, que les "bonnes meufs" ne l'intéressent plus, que son passé quasi chaotic/médiatique ne sera plus marqué à l'encre noir. Orelsan décrit toujours autant la vitesse du temps qui passe, cependant celui-ci n'emporte plus l'espoir et les projets, l'amertume et regrets sont loins derrière de lui, aujourd'hui c'est un rappeur qui impose et qui s'impose dans la musique actuelle, le tout accompagné par une instru et une prod poignante qui donne une force sans pareille à la beauté et à l'énergie de ses textes.

SAN

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