Voici « Le Quatuor De Jazz Libre Du Québec », une formation qui est présente sur FJMt° mais avec l’autre album, mais qu’importe, celui – ci n’est pas mal non plus. Il est sorti en 1969 sur London Records et a été assez souvent réédité, ce qui lui donne une bonne accessibilité.
Ils sont quatre donc, Jean Préfontaine au saxophone ténor, Yves Charbonneau à la trompette, Maurice C. Richard à la contrebasse et Guy Thouin aux percussions, il y a également un invité, Pierre Nadeau au piano.
En ces années lointaines le « Quatuor de jazz Libre Du Québec » était considéré comme un OVNI avant-gardiste de haute volée, le temps passant il s’est même forgé une légende et ce premier album dans sa version originale est devenu assez rare, mais il a su conserver son côté libre, sachant sortir des sentiers battus et des ornières, rebelle il était et rebelle toujours il est !
Le groupe a suivi Robert Charlebois en tournée, l’accompagnant avec efficacité. Entre 70 et 72 il a créé une « commune » politique et a animé « Le Petit Québec Libre » et s’est vu surveillé par la « Gendarmerie Royale du Canada » qui incendia même une grange où ils opéraient.
A la fin des années soixante le groupe devint une légende underground au Québec où il circuite, propageant la « Great Black Music » interprétée de façon locale et promouvant ce fameux « Québec Libre » qu’avait lâché De Gaulle sur les terres francophones.
Cet album, donc le premier et seul officiel, ne restitue pas entièrement la folie du groupe qui éclatait sur scène, contrairement au second paru ultérieurement et qui se verra célébré par FJMt°. Il est soutenu ou maintenu par une base assez classique dont il s’échappe par la rage de ses solos et ses audaces instrumentales qui font plaisir. Il y a même un certain souci de l’expérimentation qui se manifeste par exemple sur « Il n’avait jamais Fait Si Beau Si Longtemps ».
Une formation à découvrir, comme une offrande de la part de nos proches cousins.