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C'est toujours compliqué de retranscrire à l'écrit ses sentiments sur les albums qui vous ont le plus marqués, j'en ai d'ailleurs écrit à deux reprises pour Led Zep, mais jamais sur ceux qui m'ont le plus touché et marqué, à savoir le live The song remains the same ainsi que Led Zeppelin IV et surtout le II puis le I, celui que je porte le plus haut dans mon estime. Quel album et quelle immense claque quand même, depuis le temps je ne m'en suis toujours pas remis. Je me souviens d'ailleurs, bien plus jeune, que j'avais d'abord découvert Led Zeppelin II, qui m'avait déjà mis une immense claque mais je n'avais pas vu venir celle qui allait arriver avec ce premier opus. C'était des sommets que la musique n'avait pas ou très peu atteints pour moi, la découverte d'un intense hard-blues qui me hante toujours depuis et dont je ne me lasse pas, un monument. D'ailleurs, rien que la pochette (comme pour Led Zep II), où l'on découvre l'accident et la destruction du Zeppelin Hindenburg, m'avait déjà fortement marqué.

C'est en 1969, aux côtés d'autres immenses albums tels Let it Bleed, Tommy ou Abbey Road, que la bande à Jimmy Page se présente à la face du monde et quelle présentation ! J'imagine le gars qui, en 1969, achète ce disque, dépose le 33 tours sur sa platine et entend pour la première fois Good Times Bad Times. Déjà qu'aujourd'hui et après de multiples écoutes ça reste une claque mais qu'est-ce que ça devait être à l'époque ! Cet album est tout simplement monumental, une vraie bombe musicale comme très peu en existe.

Tout commence lorsque Jimmy Page se doit d'honorer quelques dates de concerts suite à un contrat qu'il avait lorsqu'il était encore un Yardbird, il cherche des musiciens, John Paul Jones le contacte, on lui conseille Robert Plant par qui il va très vite être conquis et enfin ce dernier lui présente le surdoué John Bonham à la batterie. Voilà comment les "New Yardbirds", qui deviendront vite Led Zeppelin (dont la légende voudrait que ce soit Keith Moon qui soit à l'origine de ce nom), se forment. L'influence musicale des Yardbird se ressent d'ailleurs, si Led Zep participe à la création du hard rock (dont la paternité est difficile à établir, Cream, Steppenwolf ou Hendrix y ont aussi participé), leur premier album n'en reste pas moins très marqué par le blues. D'ailleurs, dès ce premier opus le groupe se créé une identité musicale unique, marqué par l'apport de John Paul Jones (basses et clavier), la virtuosité de Jimmy Page, le chant puissant de Robert Plant, ainsi que son génial jeu d'harmonica (You Shook Me !) et bien évidemment les coups de batteries de Bonham. L'enregistrement ne dura que 36 heures, l'album est enregistré dans l'urgence en octobre 1968 et propose 9 titres pour 44 minutes.

Et que dire si ce n'est que rarement et même jamais je me suis pris une telle claque ? C'est une déferlante de guitare heavy rock, de riffs assassins, de blues trippant et fabuleux combinés à des morceaux plus calmes, voire même acoustiques où Led Zep est capable de tutoyer les cieux. Ce qui m'avait frappé à sa découverte, c'était l’enchaînement des chansons, la façon dont on passait des cris de Robert Plant sur You Shook Me à la basse de John Paul Jones sur l'immense Dazed and Confused ou les notes acoustiques presque psyché de Black Mountain Side au riff monstrueux de Communication Breakdown. L'album est juste parfait, que ce soit chaque chanson prise une par une ou l'ensemble que l'on écouterait d'une traite. Avec comme fil conducteur le jeu de basse de John Paul Jones, Led Zeppelin I démarre fort avec un riff assassin et se conclut en apothéose avec huit minutes de folie et entre-temps c'est sous tension, brut, monstrueux, virtuose avec une atmosphère presque folle, envoûtante et surtout intense qui traverse cet album, c'est juste fabuleux. Chaque membre est virtuose, tant dans la création que dans le jeu individuel et chacun apporte sa pierre à un groupe qui joue parfaitement bien ensemble.

Passé le riff tueur de Good Times, Bad Times (et le fabuleux solo de guitare) qui te pose déjà la base de Led Zeppelin, on découvre Babe, I'm Gonna Leave You et là, les mots manquent. Il faut écouter, c'est long, ça démarre calmement et l'intensité vient peu à peu, en même temps que Page branche l'électrique puis que Plant commence à crier le refrain. L'émotion est totale, le jeu de basse est fabuleux, tout comme les coups de batteries qui viennent à chaque fois que le morceau s'emballe. Je pense que le blues joué de la plus belle des manières doit être ce qui me prend le plus aux tripes, et c'est ce qui arrive lorsque la guitare de Page commence à reprendre You Shook Me de Willie Dixon, enfin, ce n'est même pas reprendre, c'est s'approprier le morceau et ce de manières aussi virtuose qu'intense et électrique. La rythmique est implacable et pendant ce temps-là, Jimmy Page s'échange des coups de guitares avec le chant de Plant, capable de monter très haut dans les aigus, puis son harmonica... surtout que le clavier de Jones vient aussi s'y mêler ! Et lorsque peu à peu, la voix de Plant redescend, Bonham termine en frappant comme un malade et, même pas le temps de respirer, vient la basse de Dazed and Confused. Après le hard blues, Led Zep définit le hard-psyché avec cette immense chanson (qu'ils joueront très longuement en live) où Page sort son archer. Là aussi, au risque de me répéter, on retrouve toute la virtuosité et l'intensité de cet album. Elle clot une première face qui ne laisse pas le temps de respirer et qui nous emmène avec ces génies au sommet de la musique.

C'est l'orgue de John Paul Jones qui ouvre la seconde face avec Your Time is Gonna Come, une chanson qui ne fait que renforcer l'atmosphère intense et envoûtante de l'album. Sans être grandiose, elle se révèle vraiment sympathique avec un mélange orgue/acoustique où le groupe finit même par chanter en chœur. C'est sous influence orientale qu'ils livrent Black Mountain Side, très beau et court morceau, montrant, si certains en doutaient, que Led Zep peut faire tout ce qu'il veut et ce, avec génie. Directement après ses quelques notes acoustiques, le violent et surpuissant Communication Breakdown vient, en un peu plus de 2 minutes, poser et définir le hard rock, bien plus que n'importe qui jusque-là (et ici aussi, quel solo !). Lorsqu'ils reprennent à nouveau Willie Dixon avec I Can't Quit tou Baby, c'est pour, à nouveau, prendre aux tripes, notamment à travers ce fantastique solo de Jimmy Page, le chant de Plant ainsi que la rythmique de Jones (comme dans Cream, le jeu de basse de Led Zep, c'est fabuleux, aussi virtuose qu'en adéquation avec les autres membres) et Bonham. Et enfin, sans qu'on est le temps de souffler, le groupe passe aux huit minutes de How Many more Times où riff, chant, break ou encore osmose ne font que renforcer la virtuosité du groupe. Fantastique conclusion de l'album et l'un des sommets de Led Zep, ils emportent tout sur leur passage, c'est surpuissant, saturé, bluesy, chaque membre montre, une fois de plus, sa virtuosité et le son de Led Zeppelin est définitivement inventé et, que ce soit avant ou après, on en aura rarement, voire jamais trouvé un plus intense et génial.

Une tuerie qui prend aux tripes et permet à Led Zeppelin de se dévoiler à la face du monde et de tout emporter sur son passage pour créer un son unique où il s'approprie le blues, le rock, le folk ou encore le hard rock avec une telle puissance, virtuosité, atmosphère et intensité que personne, ou presque, n'atteindra ces sommets-là, que ce soit avant ou après. Là où le groupe sera vraiment immense, c'est qu'ils arriveront à se maintenir à ce sommet pendant encore quelques années.

Face A

1.Good Times Bad Times (Jimmy Page, John Paul Jones, John Bonham) 2:46
2.Babe I'm Gonna Leave You (Anne Bredon, arr. Jimmy Page, Robert Plant) 6:41
3.You Shook Me (Willie Dixon, J.B. Lenoir) 6:28
4.Dazed and Confused (Jimmy Page) 6:26

Face B

5.Your Time Is Gonna Come (Jimmy Page, John Paul Jones) 4:34
6.Black Mountain Side (Jimmy Page) 2:12
7.Communication Breakdown (Jimmy Page, John Paul Jones, John Bonham) 2:29
8.I Can't Quit You Baby (Willie Dixon) 4:42
9.How Many More Times (Jimmy Page, John Paul Jones, John Bonham) 8:28

Docteur_Jivago
10
Écrit par

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