Beatles vs. BeachBoys - Le revers de la médaille

Avis sur Odessey and Oracle

Avatar # YMC
Critique publiée par le

On sait ce que la musique moderne doit aux petits gars de Liverpool et au plagistes Californiens à travers le duel à distance qu’ils se sont livrés au milieu de la décennie 60’s.

Mais il y a une ombre au tableau. Exister dans leur sillage psyché’pop était alors du domaine du miracle. The Kinks a lutté, the Zombies a jeté l’éponge avant même la sortie de cet Odessey and Oracle. Un album somptueux qui, contrairement à Pet sounds auquel il est souvent comparé (à juste titre j'y reviendrai), ou même à Sgt. Pepper, n’a pas couté très cher. Il était même auto-produit. Et quel résultat!

"Time of the season" a traversé le temps, mais ce n’est finalement sans doute pas le titre le plus évocateur de l’univers de cet album, le seul album officiel du groupe (on oubliera sciemment les reformations des années 90 et 2000). A noter que le titre Odessey and oracle est en fait une erreur du graphiste Tony Quirk auteur de la pochette. Le titre original était bien Odyssey. Si le groupe avait survécu, l’album aurait-il été ré-édité avec le titre corrigé ? la première édition serait alors devenue un collector !...

Revenons à la musique. Ce qui a pu sans doute être un frein au succès public, c’est la proximité avec les deux monstres d’alors. Une bonne partie des titres rappelant mélodiquement Pet Sounds, et des clins d’œil appuyés à la période pré-Revolver des Beatles. Des harmonies vocales qu’auraient pu imaginer les frères Wilson, une accessibilité des textes, un phrasé et un son de basse que ne renierai pas Paul McCartney... Des solos d'orgue de Rod Argent, au moins aussi monstrueux que ceux de Manzareck qui sévissait alors outre Atlantique.

Alors peut-être, que ce marché était déjà saturé. Peut-être que ces Zombies ne se démarquaient pas assez pour créer leur propre lame de fond. Peut-être qu'ils auraient pu profiter de la décadence qui allait bientôt venir à bout du Fab'Four et de la folie schizophrène qui déjà rongeait le leader du groupe Californien... En même temps, quand Roger Glover quelques années plus tard s'essayera à ce genre musical, lui aussi ne fera qu'un seul vrai tube (et difficile de ne pas voir un lien entre "Love is all" et "Care of Cell 44"...). Et le sommet des Kinks (The Kinks Are the Village Green Preservation Society paru cette même année 1968) aura lui aussi souffert de la concurrence.
Des titres somptueux tels "Bried candles", "A rose for Emily", "Butcher's tale"... Et même les plages plus passe-partout n'en sont pas plus faiblardes.

L'histoire rendra à César ce qui appartient à César, puisque cet Odessey and Oracle, reste au classement des meilleurs albums de tous les temps. Mais à ne pas trouver un public, la pop est sans doute passé à côté d'un vrai phénomène. De nos jours, il est évident que des artistes fantastiques ne trouvent pas leur place dans un marché sur-saturé, mais à cette époque c'était sans doute plus facile. Il aurait suffit de la volonté d'un ou deux décideurs pour que la grande Bretagne décime définitivement la concurrence américaine...
On aurait aimé entendre une suite et suivre l'évolution de Rod Argent, Colin Blunstone et leurs acolytes.
Odessey and Oracle, un véritable essentiel.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 559 fois
5 apprécient

# YMC a ajouté cet album à 2 listes Odessey and Oracle

  • Albums
    Pochette Wet Dream

    Au Cabinet des Curiosités

    Au stand des curiosités, des disques plutôt passés inaperçus. Parce qu'on ne les attendait pas de la part de leur auteur ; parce...

  • Albums
    Cover UN JOUR UN ALBUM

    UN JOUR UN ALBUM

    A chaque jour son album... Carnet d'écoutes éclectiques et désordonnées 2017.

Autres actions de # YMC Odessey and Oracle