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Once I had a dream, and this is it

Avis sur Once

Avatar Nolwenn-Allison
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Vous mettez à la disposition d’un compositeur finlandais fan de musiques de films épiques un budget colossal pour faire le prochain disque de son groupe de métal. A votre avis, il va en faire quoi ? Il va composer un album qui va se détacher complètement de tous ses prédécesseurs et le résultat se nommera Once. Deux ans après un Century Child marqué par un penchant vers le côté obscur, Nightwish fait table rase du passé et repart sur de nouvelles bases, aidé de leur nouvelle maison de disques Nuclear Blast. Premier album avec un orchestre symphonique et le dernier pour la chanteuse Tarja Turunen, il a, même s’il n’est pas le meilleur de leur discographie, une valeur historique dans la carrière du groupe.

Dès le premier titre, Dark Chest Of Wonders, on comprend tout de suite où les Finlandais veulent nous emmener. Quelques riffs de guitare pour nous rappeler (au cas où on aurait un peu trop tendance à l’oublier par la suite) que Nightwish est un groupe de métal ouvrent ce morceau qui, passé cette minute, n’aura strictement rien de bien méchant. Au contraire, dès l’arrivée des orchestrations, la guitare et la basse rentrent dans le rang et n’apportent qu’une contribution purement rythmique. L’influence de Hans Zimmer se fait ressentir tout de suite et elle sera récurrente tout au long de l’album, que ce soit dans le single Nemo, excellent condensé des innovations du groupe sur cet album et dont la structure a été exploité jusqu’à n’en plus pouvoir (cf Amaranth de Nightwish ou Until My Last Breath de Tarja), ou la fresque épique Ghost Love Score.

A partir du moment où on intègre des orchestrations dont on doit la performance au London Studio Orchestra qui a participé à la BO du Seigneur des Anneaux (rien que ça), toutes les folies sont permises. Wish I Had An Angel adopte une musique plus indus dont les beats auraient pu très bien se retrouver sur un Rammstein ; Creek Mary’s Blood, chanson traitant du génocide des Amérindiens, se paie le luxe d’inviter John Two-Hawks ; The Siren navigue sur des eaux orientales. En résumé, un véritable patchwork de diverses influences matérialisées sur des compositions qui sont, en général, bien ficelées.

En général, car il y a véritablement des morceaux qui pêchent par leur manque d’originalité et/ou par leur longueur. Tout de suite, je pense à ce dyptique Dead Gardens/Romanticide, sensé concurrencer Slaying The Dreamer et qui en fait, tombe à plat. Le plus exaspérant reste tout de même ce Dead Gardens qui ne casse vraiment pas trois pattes à un canard dans l’ensemble mais qui s’éternise par des riffs « bourrins » et qui gâche l’écoute du morceau suivant, Romanticide, qui lui est nettement supérieur. De ce côté-là, il n’y a qu’une chose à dire : le mélange métal-symphonique est mal dosé, et on préfère nettement le Nightwish symphonique que le Nightwish plus violent qui casse véritablement les oreilles. Cette envie parfois de bourriner gâche complètement la clôture de l’album, Higher Than Hope, un titre qui aurait pu détenir un énorme potentiel si les refrains avaient été mieux goupillés. Dans un tout autre registre, The Siren écope également de cette manie qu’a Tuomas Holopainen de faire durer trois plombes ses morceaux, avec ces chants de sirènes qui continuent une à deux minutes après la « fin » du titre.

Un petit mot sur les lignes de chant : on va commencer par le point positif de ce côté-là. Marco Hietala est toujours présent et c’est à notre enchantement. Sa voix puissante, violente sur quelques titres (Wish I Had An Angel, Planet Hell), se fait plus émouvante sur un titre comme The Siren ou même surprenante quand elle ne se résume qu’à des murmures comme sur Romanticide. Et puis il y a Tarja, celle qui se voyait mutilée de son style classique déjà dans Century Child, mais qui ici est réellement insipide. Il n’y a que sur les trois derniers titres, Ghost Love Score, Kuolema Tekke Taiteilijan et Higher Than Hope que l’on peut déceler une petite pointe d’émotion.

Once est un bon album, même très bon. L’arrivée des orchestrations confirme que Tuomas Holopainen a un véritable talent de composition, même si parfois on ne comprend pas l’intérêt de certains choix qu’il a opérés. Pour reprendre une comparaison de Nikö dans sa chronique de l’album sur obskure.com, Once est le Pirates des Caraïbes du métal, un album épique à souhait, très agréable à l’écoute. Mais ses faiblesses restent importantes : les parties heavy sont bâclées et la voix de Tarja tellement modifiée qu’on se demande réellement où est passé le groupe qui a pondu Oceanborn et Wishmaster. On a l’impression que Holopainen, en enregistrant cet album, est un peu comme un enfant qui vient de recevoir le jouet qu’il voulait pour Noël et qu’il délaisse complètement ceux avec qui il avait tant de plaisir à s’amuser. Avec le départ de Tarja, Once reste l’album de la fin d’une grande histoire et le début d’une nouvelle ère.

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