Le monde se divisait en 2 catégories ...

Avis sur Rage Against the Machine

Avatar Ze Big Nowhere
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Quand j'étais au collège, le monde se divisait en 2 catégories, mon pote.

D'un côté ceux avec une pièce montée sur la tronche d'au moins 30 centimètres, composée uniquement de cheveux gras et de gel effet "moche".
Le froc qui leur dégringole sur les chevilles, laissant apparaître un très joli slip prisunic moulant un merveilleux cul plat.
Un bomber vert kaki ou bleu ciel qui donnait l'apparence ( Ô combien trompeuse !) de videurs de boîte de nuit New-Yorkaise à des boutonneux de 45 kilos.
Des casquettes "Yankees" ou "Lakers" vissées sur leurs têtes pleine d'eau selon que l'on soit des "niggas" de l'East Coast ou des "Gangstas" de la West Coast...Ou bien même des petits bourgeois de la résidence pavillonnaire située en haut de la ville.

De l'autre côté des "cousins machins" avec des godasses montantes et des languettes de 40 centimètres de long.
Des jeans qu'il fallait enfiler avec l'aide de la famille, où tout geste un peu brusque était à proscrire pour la conservation de vos humbles génitoires.
Des frocs à vous stériliser un Philippe De Villiers en 2 pas un peu rapides dans les escaliers.
Des vestes en jean méconnaissables, patchées partout de groupes aux emblèmes sataniques.
Des perf' beaucoup trop grands pour des frêles épaules d'adolescent et usés jusqu'à la corde à force de se coller contre les murs pour rouler ses clopes ou finir sa jenlain.

Aucune échappatoire !

Ce putain de monde se divisait bien en 2 catégories. Rien d'autre n'existait !

Pour ma part, je faisais partie de la deuxième catégorie. Je me promenais dans les couloirs tristes de mon collège, le cheveu hirsute et l'oeil hagard, dispersant autour de moi des relents de bière tiède et des volutes de chichon bon marché aux senteurs de pneu brûlé.

Mais secrètement, tapi dans l'ombre, je flirtais avec l'ennemi ( Le "Public Enemy" en l'occurence.).
C'est tremblant de peur à l'idée que l'on découvre ma double vie, que je m'enquillais des litres de Wu-Tang à l'orange derrière la cravate.

Il y a eu des tentatives...Des bonnes! (Public Enemy/ Anthrax)...et des plus mollasses (RunDMC/Aerosmith).
Mais la fusion n'était pas totalement opérée.

Et puis un jour : Rage against the machine !! LA REVELATION !!

Des riffs de gratte couillus et agresseurs de tympans. Des riffs que les Metalleux pouvaient écouter la tête haute.
Une basse et une batterie bien "Funky" . Mais une Funk avec les burnes collées dans la prise. Une décharge auditive, un jack planté dans ton oreille, ton cerveau poussé au max comme un putain de Marshall...Et une ribambelle de "Slap" qui te fait tomber les cheveux et qui te fait pousser la moustache.
Puis un chant ! Que dis-je ?! c'est un cri !!! (La bise Michou !)
Des hurlements à te faire péter le cervelet.
Des paroles rageuses et anti-système dégageant cette odeur de testostérone et de rage, que tout ces ados en pleine transformation hormonale, buvaient comme l'eau d'une fontaine qui te ferait pousser des couilles.

Finalement RATM était beaucoup plus qu'un groupe de Métal/Rap énervé.
Cela a été le groupe de la réconciliation, de l'entente entre les 2 franges de cette population adolescente.
Le groupe d'une compréhension musicale commune, d'une réunification culturelle.

D'une nouvelle amitié effaçant à coups de riffs métalliques et de paroles rappées au flow démentiel, ce monde, qui autrefois se divisait en 2 catégories.

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