So it begins... The great vocoders of our time

Avis sur Random Access Memories

Avatar Hypérion
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Après un teasing intense jusqu'à l'overdose, un single ravageur Get Lucky, en deçà des attentes stratosphériques suscitées mais redoutablement efficace, le voilà enfin, Random Access Memories, l'album de Daft Punk déjà culte avant même sa sortie.

On peut dire qu'ils nous ont bien baladé ces masqués compères. Oui, le disco et le funk sont bien présents, mais globalement, RAM n'est pas un simple album dansant pensé pour truster les charts, bien plus un objet sonore protéiforme où se confondent les origines de la musique électronique, les synthétiseurs aussi mythiques que poussiéreux et les instrumentistes surdoués. Daft Punk ne mixe plus des samples sur des platines, ils mixent des artistes. Des guitaristes, des orchestres symphoniques, des percussionnistes gargouillants et batteurs survoltés, des clappements de mains et claquements de doigts organiques... L'impact sonore est saisissant, c'en est presque perturbant, ô combien savoureux.

Et par dessus tout ça, des voix vocodées. Des voix vocodées sucrées, des voix vocodées chaloupées, des voix vocodées sirupeuses, des voix vocodées chaleureuses, des voix vocodées en stéréo entrelacées, des voix vocodées en boucle. Partout, tout le temps, jusqu'à l'excès. Les morceaux qui en sont dispensés se révèlent être les plus appréciables (quoique Instant Crush vaut son pesant de platine ouvragée), avec au pinacle un Giorgio by Moroder épique en forme de manifeste pour une musique affranchie de limites et un Contact final qui t'emporte comme une lame de fond irrésistible, te fait vibrer jusqu'à la moelle de tes os dans un décollage de fusée sonore dantesque.

Random Access Memories signe un retour en grande forme des punks crétins. Tout n'est pas parfait, loin de là, trop souvent Daft Punk semble s'être à ce point immergé dans le plaisir d'enregistrer du son de qualité qu'ils ont oublié d'insuffler une véritable émotion dans leurs compositions, quelques passages franchement faibles (The game of love notamment, dérapage inexplicable) empêchent le fan de la première heure que je suis de qualifier le tout de chef d'oeuvre, mais cet album qui s'écoute comme une odyssée musicale recèle des pépites d'expérimentations qui valident l'approche du duo : Un DJ peut mixer des musiciens, et de bien belle manière.

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