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Random Access Memories par H0lycheat

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Ah, la France, son patrimoine incestueux et sa culture musicale... Aznavour, Gainsbourg, Daft Punk... Grosso modo, la musique française dans le monde, c'est ces trois-là. Il y a quelques Djs qu'on peut ajouter à la petite liste mais bon... si l'on est d'accord sur le fait que la qualité prime sur la quantité, on peut être relativement fier (je suppose). Pour beaucoup, Daft Punk c'est le groupe hype electro, normal, ils cartonnent partout dans le monde, donc c'est quelque chose de bien. Il faut en dire du bien, on aime ce qui est bien. Pardon, la musique là-dedans ? '' Mais c'est du son électronique donc la recherche musicale, c'est pas le plus important, ça bouge, c'est in etc etc... '' Bon, je caricature à l'extrême, mais c'est souvent l'exemple même de ce qui est cautionné sans écoute. Des noms, des tubes, hop-là. Et pour la nouvelle production, les gens comprennent pas le virage musical ? Pas de problème, les neuneus en auront pour leur argent quand même, puisqu'il y a des tubes, et des noms... C'est vrai que le changement de ton avait été annoncé et c'est tout naturellement que j'entendais les ''vrais fans'' (parce qu'il y a le bon fan et le mauvais fan), disons plutôt des appréciateurs obstinés, dire : « Euh ouais euh, c'est de la merde, rien à voir avec de l'electro, j'en ai trouvé que deux ou trois de bien. » En même temps, l'album a été un succès immédiat et planétaire, donc réagir ainsi était presque un réflexe. Je n'avais pas encore écouté l'intégralité de l’œuvre d'ailleurs, je connaissais peut-être que get lucky, que je trouvais déjà fort sympathique, mais j'espérais mieux quand même.

Alors voilà, j'acquiers l'album, je suis un peu tendu, j'en attends beaucoup au final, et j'ai peur que ça me rende triste. J'ai fais exprès de ne pas trop me documenter ; je sais qu'il y a Pharell Williams et Nile Rodgers en collabo (oulàlà la connotation) mais point plus, donc est-ce que ça va radicalement me péter à la gueule ? Vais-je supporter le changement de style ? Bon allez, PLAY.

Bon, il m'a bien claqué la gueule en définitive. Je ne savais pas trop quoi en penser. Génial ? Réussi ? Suis-je un crétin ?
La dernière question n'a pas encore de réponse ; du moins je cherche encore. En fait, après la première écoute, je ne me suis pas focalisé sur ma première impression, qui était, fait très rare, très positive. Je voulais absolument le réécouter et surtout le faire écouter d'une traite à des personnes de confiance (dont un ami qui touche sa bille, comme on dit dans le jargon). Bon, j'étais le seul à être vraiment enthousiaste bien qu'on m'ait avoué, sous la menace peut-être, que l'ensemble de l'album était quand même très agréable à écouter. C'est con, mais savoir que des gens dont je respecte l'avis sont d'accord avec moi, ben ça me rassure. Alors pourquoi parler de l'avis de mes amis dont tout le monde se fout, et pourquoi conclure avec une phrase si mal tournée ? Cela nourrit l'histoire, déjà, mais surtout, c'est ce qui m'a fait prendre conscience de la richesse de cet album. Je cherche toujours ce petit truc, cette parcelle d'essence de vie et de vérité, perdue ou cachée dans l'éternité de la création. C'est une tâche ardue, et très douloureuse pour moi car elle incombe de ressentir les choses avec une telle pureté que j'en écorche souvent mon âme. Mais là en fait, c'est explicite. Permettez cette citation :

''Once you free your mind about a concept of harmony and music being correct, you can do whatever you want. So, nobody told me what to do, and there was no preconception of what to do''

« Dès l'instant où vous libérez votre esprit du concept d'harmonie et musique correcte, vous pouvez faire tout ce que vous voulez. Alors, personne ne m'a dis quoi faire, et il n'y avait aucune préconception de ce qu'il y avait à faire. »

J'ai donc cru (je le crois encore) dénicher cette essence grâce à la piste N°3, intitulée Giorgio by Moroder. Cette chanson justifie tout. J'voulais pas en parler maintenant, du p'tiot Giovanni et attendre la fin mais comme les choses viennent en allant (pas compliqué comme philosophie), ce doit être le moment, après quoi il ne restera au final pas grand chose à dire qui n'ait été repris sur quelques milliers de sites. J'avais pas regardé le nom des titres avant de commencer l'écoute, et comme j'étais quasiment pas documenté, je ne savais presque rien des participation, des thèmes abordés (sauf le général leitmotiv). Je savais en revanche que l'album était un hommage truffé de références, c'est donc avec surprise mais sans étonnement que j'ai reconnu Mr Moroder. Si certains ne connaissent pas, c'est entre autres Midnight Express, Scarface et pléthore de tubes. Son influence se ressent dans la composition musicale du morceau en soi, mais aussi dans de nombreux titres du groupe. J'ai été ravi, sincèrement, d'écouter le bonhomme parler sur ce morceau épique. Ces envolées, cette montée en puissance progressive, ce final, le tout narré par un maître. Et elle dure 9 minutes ? A part pour Pink Floyd ou certains titres de pagan métal, rarement neuf minutes passent aussi bien et aussi vite. Pour en revenir à cette essence que j'évoquais, il ne s'agit pas simplement de faire de la musique avec une bonne production. Le morceau sera « réussi » au sens commercial, mais il y a cette touche « artistique » qui, si l'on est touché, justement, révèle l'âme. J'ai horreur de qualifier telle ou telle chose d'art, ou d'artistique (je ne comprends pas vraiment le sens), mais l'un n'empêche pas l'autre bien entendu.
En matière générale, de mon point de vue, la production est beaucoup plus importante aujourd'hui dans l'univers musical, dans l'industrie surtout. C'est sur ce principe que l'on va juger si un morceau sera rentable ou non, car tout se vend. Et c'est aussi sur ce principe que l'on va pouvoir faire des économies, tant les moyens sont devenus accessible (et c'est une bonne chose). Simplement, cette facilité d'accès baisse forcément le niveau d'attente de l'auditoire, là encore, général. Daft Punk ne peut pas échapper à cela, malgré l'essence que le groupes insuffle dans ses productions. Ainsi j'évoque sans honte la rage dans laquelle me met le refrain de instant crush. Plus vide que le Néant, cette chanson prouve qu'on peut réussir une production musicale et... c'est tout, ce qui n'est déjà pas si mal. C'est pour moi la seule véritable ombre au tableau alors je ne m'étends pas dessus.
Le plus important à dire sur l'album repose surtout sur cette troisième piste à mon avis. J'en ai déjà dis beaucoup et comme c'est une critique d'album, je dois forcément évoquer le reste. Seulement, il n' y a pas grand chose à dire sur le reste. C'est bon, c'est très bien produit hein, on ressent les références, on apprécie les musiciens, ça change un peu mais on retrouve les mêmes formules que pour leurs travaux précédents alors je ne comprenait pas vraiment pourquoi beaucoup de puristes détestaient ce nouveau projet. On retrouve les thèmes musicaux, arrangés et ré-arrangés dans celle-ci où celle-là (j'adore ce petit jeu), les répétitions et les boucles, les samples, le tout servi par des musiciens de génie (j'ai parlé de Moroder mais Rodgers mérite tout autant de considération). Étant donné ma tendance au développement excessif, je ne peux pas me permettre de parler des controverses et des paradoxes liés au groupe et à l'album ; je dirais simplement que ce qui déroute le plus, à mon sens, c'est cette perfection dans la production, à tel point qu'on en oubli que DP est un groupe de français, sorti de l'underground, pour qui rien n'était gagné... ce que les amateurs ressentaient à l'écoute de leurs premiers albums commerciaux.

On en oublierait presque qu'au-delà des attentes de Jean-Gui Machin et Jean-Pierre Bidule, il y a ce que le créateur ne sait pas formuler. Ce qu'il y a dans sa tête, dans son esprit, peu importe la manière et la forme que cela va prendre.

En tout cas, c'est ce que j'ai appris en écoutant et en appréciant l'ensemble du disque. Il y a certains morceaux que je n'ai pas trouvé terribles, sans qu'ils soient pour autant mauvais, bien au contraire. Disons simplement que quelques titres tirent tellement vers le haut qu'on ne peut pas s'arrêter partout. J'adore Daft Punk depuis longtemps déjà et je suis bien content qu'ils aient sorti cet album, tel quel. Ça leur fera la bite, aux rageux.

Allez, et un retours aux sources, un !

https://www.youtube.com/watch?v=7CAFl5WWl5E&list=PL96E5A48E1D285EEB

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