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Du poulain à l'étalon

Avis sur Ride the Lightning

Avatar Legeno
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Ride The Lightning fais vraiment partie de ces intouchables du metal. L'album de la "maturité" comme on pourrait l'appeler, pour peu que notre société puisse autoriser à appeler 4 jeunes hommes ayant à peine l'âge adulte et jouant la "musique du diable" puissent être qualifiés de "mature". Après un premier album résultant de l'envie pure de freluquets de "faire du rock", il est temps de passer la seconde.

L'évolution ne se sent pas dès le début, Fight Fire With Fire sentant bon le jeune thrash d'un album en arrière. Pourtant, une différence se fait sentir : l'ensemble est toujours aussi furieux, violent, mais moins enjoué, plus sombre qu'avant. Les jeunes gens seraient-t-ils en train de grandir ?

Ride The Lightning (au riff signé par Mustaine) confirme cette évolution : le rythme est un peu plus lent, le ton est plus sombre, et les paroles engage les opinions libertarian de James Hetfield, là où l'album précédent nous contait au pire des cas la chevauchée des cavaliers de l'Apocalypse dans une chanson qui donnerais presque envie de se joindre à eux ! A ce moment, plus de doute permis : cet album est clairement plus mûr, plus travaillé. Plus mature en définitif. Et pourtant, on n'est pas déçu du voyage. On secoue toujours la tête. On a toujours ce petit sourire sournois qui nous indique qu'on prend notre pied. Et pour cause, la pâte artistique est assurément la même. Mention spéciale à Hammett sur ce morceau, qui signe ici un de ses plus grand solo.

For Whom The Bell Tolls confirme cette avancée avec Cliff Burton maintenant. Sur l'album précédent, il mettait sa distorsion au service d'une instrumental plus proche du jam, de l'expérimentation. Et sur cette chanson, il décide de passer au concret, avec une intro de basse légendaire, au service d'un des morceau les plus épique de Metallica.

Fade To Black fait tilter la sonnette d'alarme des plus gros puristes. Une power ballad, chez Metallica ? Mais quelle est donc cette folie !?! Et pourtant il faut bien d'admettre, c'est encore un sans faute. Sa douce intro qui introduit brusquement un solo mélodique, son riff qui n'a que l'égal d'une caresse, afin de mieux laisser le refrain frapper de toute ses forces, cette montée en puissance après le deuxième couplet, qui monte vers l'un des plus grand solo de guitare de tous les temps. Absolument magistral.

Malheureusement, tous n'est pas rose dans ce triste monde, et l'album fais non pas un, mais deux faux pas d'un coup avec Trapped Under Ice et Escape. Pourtant très proche du speed/thrash de leurs débuts, l'alchimie ne prend pas, et ces morceaux lassent finalement.

Il reste cependant deux pistes pour sauver l'album. Et pas n'importe lesquels. La première est Creeping Death, absolument jouissive, faisant cette fois ci un réel écho à Kill'em All, et une des chansons préférée des fans en live qui s'amusent depuis plus de 30 ans à hurler "DIE !".

Et surtout, la fin en apothéose de cet album : Call of Ktulu, basé sur une suite d'accord encore une fois inventée par Mustaine, qu'il réutilisera pour notre plus grand bonheur dans Hangar 18, mais je m'égare. Call of Ktulu, donc. Une chanson qui ose parler d'un dieu destructeur, ça a intérêt à pas déconner ! Et les gars commence déjà par ne pas écrire son prénom car aucun être humain n'en serait digne. Ça commence bien, mais ça fait pas une putain de chanson. Et justement, ce n'est pas une chanson. Aucune parole. Et fort heureusement, car ce n'est pas nécessaire. Le morceau est un véritable monument à lui tous seul, où chacun des quatre musiciens s'en donne à coeur joie. Hetfield à un riff monstrueux, Hammett à un solo grandiose, Ulrich à une cacophonie de tom et de cymbale, et Cliff Burton qui trouve le moyen de caler un solo de basse sur le riff principal, comme ça, au calme ! Le résultat est monstrueux, gigantesque, parfois difforme et dissonant. Et c'est ce qui incarne le mieux Chtulhu finalement. Un chef d'oeuvre.

En définitif, Ride The Lightning, c'est plus qu'un intouchable : c'est un dieu vivant du metal, un véritable monument, entaché par deux morceaux de remplissage, mais tellement riche sur les six autres qu'on lui pardonne bien, quitte à faire tourner la galette une deuxième fois !

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