Armé & paré.

Avis sur Rubber Soul

Avatar Isaak
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Il y'a de ces albums qui sont intimement liés à des souvenirs, à des moments clefs de votre humble vie. Se créé ainsi une relation avec le disque liant l'oeuvre intrinsèque et son contexte d'écoute.

J'ai un attachement de ce type avec Rubber Soul, si celui-ci n'est pas mon plus grand amour avec les Beatles, il détient cependant une place importante dans mon ressenti.

Bref tout ce préambule en gros en pour vous dire que je vais être obligé de vous raconter ma life :

A long time ago, alors en plein stage scolaire à la Rochelle; j'étais hébergé par des amis de mon paternel. Le climat était hivernal, je me rappel d'un certains vent à vous glacer un Francky Vincent Muy Caliente.
La demeure dans laquelle je logeais, était une de ces vielles constructions vous savez ce celles avec des pièces aux hauteurs de plafond abradaquadabrandesques & pas isolés pour un sous.
Pas de chauffage, niet, basta. Alors le soir pour sombrer dans les bras de Morphée, j'avais une petite technique, me servir de mon PC portable en le calant sur mon torse. La vielle guimbarde surchauffait tellement qu'elle faisait office de parfaite bouillotte en mode System D.
Sauf que mon vielle ordi étant fraîchement vidé de sa mémoire, je n'avais pas grand chose à me caler sous la dent pour faire défiler le temps.
C'est ainsi que mon hôte me prêta ce fameux Rubber Soul.

Tout les soirs j’insérai ce même disque pendant 1h. C'était la perfection, un peu de chaleur et une pop sucrée à s'enfiler sous les oreilles.
Ça caille dehors? Mes hébergeurs ne sont pas très bavards? J'ai été désigné comme chef capsule Nespresso à mon stage?
OSEF, je m'en claquait les roubignoles. être avec Paul, Ringo et les autres était une parenthèse régulière qui n'avait pas de prix.

Alors bien sur j'avais mes petites préférées, d'ailleurs je ne sais trop pourquoi je commençais toujours par "The Word". peut-être sa guitare punchy & son aspect feel good instantané. Ses voluptueuses nappes vocales, sa simplicité.
Il m'arrivait d'écouter en boucle You won't see me ou Girl, parfois je zappais l'album juste pour rester sur celle-ci.
J'avais développé un curieux phénomène de dépendance s'en était presque obsessionnel.

Si Rubber Soul est si efficace et accrocheur c'est qu'il fait le pont entre l'immédiateté des prémices des Fab Four et l'intelligence des arrangements glanés avec le temps qui viendront à s'étendre.

C'est à la fois frais, instinctif & maniéré. Le tout coloré de mièvreries innocentes , typiquement la ridiculement touchante Michelle fera toujours mouche sur moi.

Un mélange détonnant qui n'a rien perdu de sa force à travers le temps et peut-être l'une des productions les plus concluantes de la première ère sonore des Fab Four.
La consécration d'une formule structurelle calibrée pour le Hit Radio et les premières innovations du mixages.

Ceci-dit on sent déjà à travers Rubber Soul, une certaine volonté de prendre le large de leur héritage issu des références Américaines. Ces grands qui les ont tellement influencés : Chuck Berry, Eddie Cochran,Cliff Richard & une certain Elvis Presley.

Si ce virage est encore peu appuyé en comparaison de Revolver, on voit apparaître par-ci, par la quelques curiosités : L'introduction de certaines sonorités nouvelles comme le passage baroque dans In My Life, des tournures ou des agencements plus audacieux qu'au préalable. Des ballades surprenantes comme Norwegian Wood (This Bird Has Flown).

Comme la vague sous-jacente d'une direction nouvelle. qui ne demande qu'a grandir.
Encore un peu de patience mes amis British, ça viendra et plus vite que vous ne le pensez.

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