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The fame monster

Avis sur Scary Monsters… and Super Creeps

Avatar Angie_Eklespri
Critique publiée par le

         Ça commence par un morceau de rock. Un gars se déchire les cordes vocales! Et Bowie apparaît au milieu des guitares. Une fille intervient avec une voix enflammée, pour commenter les débats. Fort accent japonais. C’est du Rock japonais ? Et les guitares étirent leurs notes comme dans du métal découpé à la scie. Pour ensuite faire monter la sauce, elles cèdent la place aux guitares acoustiques, et au choral, tout Bowie. It’s No Game, Part 1. On dirait un morceau de bal de promo accompagné d’un rock band. Up The Hils Backwards.

   Puis c’est Scary Monsters (and Super Creeps) qui donne son titre à l’album. Rock. Apparemment, c’est la direction choisie pour cet album. Rock stylé années 80. Un peu dépassé, un peu bouffé par la pop. Scary Monsters pour musique hybride. Un brin nostalgique. Solos désespérés, stridents, répétitifs. Scary Monsters. Ce qui n’est rien comparé à ce qui va suivre. Ashes To Ashes. Funk to funky.
Comme on est chez Bowie, il faut un petit coup de génie. Touché par la grâce, qu’on ne sait pas d’où ça sort, et pourquoi les autres ne sont pas comme ça. En même temps, c’est tout Bowie. Tout le temps changeant. Profond et glamour, lourd, mais léger. Subtil, mais accrocheur comme une bombe affective qui mériterait un album à lui tout seul. Major Tom revient de sa navette spatiale, désabusé, drogué et ruiné. Ash…rien à ajouter. Le mélange fonctionne à merveille, avec le petit truc en plus qu’on ne peut expliquer.
Comme sur chaque morceau, l’orchestration est limite too much. Mais qu’est-ce qu’on s’en fout ? Ça marche !

  Disco. Fashion. Disco funky à la Bowie, artiste qui a des dons évidents de caméléon. Le son devient plus chaud, le rythme plus dance. Ça bouge genre dandy  pas pressé. Pas mal. Original, même. Morceau idéal pour danser en club, après la Fashion week. On oublie son spleen, avec une coupe de champagne à la main. Teenage Wildlie. Où les chœurs et les voix sont travaillés en superposition, pour un résultat curieux, un mélange de sentiments en étages. Le spleen de Bowie, et son amour de la comédie musicale. Avec des sonorités très aériennes. On ne cède pas à la morosité, même si le spleen n’est pas loin. Scream Like A Baby. Pop rock, très personnel. Et comme sur un faux rythme. On se laisse aller à la confession. Une voix en retrait, entre le fracas des guitares, le kick de grosse caisse, bien binaire. Et toujours ces chœurs à l’abordage, chic, et opéra-rock. It's scary...

    Kingdom Come. Très sixties. Cette ambiance. Ces voix, et ce feeling. Rockabilly, et chant récitatif, comme le meilleur de deux mondes. Un raconteur d’histoires, ce Bowie. Avec un pur luxe, une armada orchestrale derrière, qui ne veut pas dire son nom. Orgues, flûtes, longues phrases développées, expressivité, voire expressionisme pop-rock. Syncrétisme dis-moi ton nom. Oui, mais...

    Because You’re Young. Evidemment, avec cette manie de tout miser sur l’atmosphère, (d’où l’importance de l’orchestration), l’impact sera toujours en-dedans, (curieux pour de la pop), et la mélodie reléguée au second plan. Il préfère mélanger les timbres, faire du collage. Des changements en plein morceau, ce qui transforme l’album en objet sensoriel bizarre. Art de la relance, changement de couleur, stylisme et originalité, dans le monde assez formaté de la pop commerciale. Ça sent le condensé d’idées, monsieur Bowie. Intéressant.

   It’s No Game (N°2) Un système à lui tout seul, qui tient par la solidité des arrangements, et les nuances soigneusement étudiées. Tout un art de transformer des ballades qui devraient être banales, en petit bijoux pleins de demi-teintes. Mais ça devient vite un leitmotiv, ce schéma répété à chaque fois. A l’écoute, se ressent la répétition de la même obsession. Mais Bowie, soit on le suit, soit on ne le suit pas, dans son monde bizarre…coloré, par des petites touches de lumière, sourdes…

    Pour qui aime Bowie, ça le fera, évidemment. Les autres, ils devraient apprécier aussi. La qualité esthétique y est. Le projet est farfelu, et grotesque, glamour, alliance très à la Bowie. Les admirateurs, pas nécessairement fans, (comme moi), on apprécie, c’est  vrai. Album quasi expérimental caché sous de la pop (rock), sans le dire, qui a l’énorme avantage d’avoir les qualités de ses défauts. A la fois brillant et en contrejour. Il se dissout dans l’ombre, un peu comme la pochette. Scary.

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