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Tu retourneras à la poussière

Avis sur Scary Monsters… and Super Creeps

Avatar nate6691
Critique publiée par le

Cela fait plusieurs jours que je tourne autour de mon ordinateur à savoir quoi écrire au sujet de la mort de David BOWIE. Même taper ce p... de terme mort sur le clavier est en soit une souffrance. Le monde est un peu moins beau, en tout cas mon monde à moi.
Alors, ce jour, j'ai choisi de me souvenir de l'artiste caméléon par le biais de mon album préféré: SCARY MONSTERS AND SUPER CREEPS. Choix assumé et totalement subjectif au vu de la carrière du monsieur et de la quantité de chansons phares et inoubliables composées sur cinq décennies (Heroes, Life on Mars?, Young Americans, Space Oddity, China Girl et toutes les autres: tubes ou pas, certaines même très torturées) All the days of my life comme tu le dis sur DAYS que j'écoute en écrivant ces dérisoires lignes, le cœur gros, un peu paumé. Tous les jours de ma vie, ton art DAVID B. a rempli mon âme d'un peu de légèreté, m'a mis du baume au cœur dans certains moments difficiles. Tu es parti avec un peu de moi, une part de ma jeunesse et le rêve idiot que tu étais immortel. Un dieu en quelque sorte... ou l'artiste des artistes.
Lorsque je te découvris vraiment ce fut sous les traits d'un clown blanc, à la télévision dans un clip fantasmagorique et fascinant, aujourd'hui ces images sont cultes (merci David Mallet) et souvent montrées et critiquées... moi, le garçon de 13 ans que j'étais alors, fut frappé par cette vision et par les notes plus amères que douces de "Ashes", aujourd'hui les paroles je les comprends en partie même si globalement le message n'est pas si clair que les spécialistes se plaisent à le dire.
Ce disque, Scary Monsters, marque un tournant dans la carrière de David, encore un et ce ne sera pas le dernier... c'est un pont parfait entre la période expérimentale de LOW ou HEROES et les disques ouvertement grand public que seront LET'S DANCE et le TONIGHT tant décrié - moi j'adore Loving the Alien - un équilibre fragile entre compositions douces amères, parfois rock, parfois disco-funk, certains titres au son post-punk et new-wave et même un magnifique Teenage Wildlife, sorte de nouvel "Heroes" des temps à venir. Et cette guitare de Robert Fripp, souvent virtuose qui apporte au disque une touche d'originalité supplémentaire. La production de Bowie/Visconti se montre plus aboutie et moins brouillonne - je dirais plus propre - que sur le disque Lodger, il semblerait que David souhaitait devenir un artiste "mainstream" mais sans y perdre son âme d'auteur/compositeur pour autant. Le pari est réussi dans cet album à la pochette totalement iconique pour moi, au même titre que celle de Aladdin Sane ou de "Heroes". Même si tous les titres n'atteignent pas les cimes de Ashes to ashes, Fashion, Because you're Young ou Teenage Wildlife, le disque est globalement abouti, il traverse avec grâce les ans et me fascine toujours autant.
Comme beaucoup d'autres, je me sens orphelin depuis la nouvelle du 11 janvier dernier. Je n'ai pas pu retenir mes larmes - les garçons pleurent aussi - et il m'est impossible pour l'instant d'écouter dans son intégralité le "testament" discographique "mais pas que" de David Robert JONES, Blackstar. Les images de la vidéo LAZARUS hantent encore mon esprit, voir David sur son lit d'homme malade m'a été insupportable - jouant avec son état de mort en sursis - glaçant et beau. Le temps faisant, je me plongerai totalement dans cette œuvre qui a maintenant tout son sens... tristement et implacablement. Le malaise était déjà là depuis 2013 en fait dans le disque The Next Day, les signes que quelque chose se passait, rien qu'à la voix de l'artiste sur plusieurs morceaux dont le très touchant Where Are We Now ?. Fini les personnages, Bowie se met à nu, mais n'est-ce là pas encore une posture d'artiste ? ou bien une lettre d'adieu.
David est parti comme il le souhaitait... en cendres, dit-on dans les journaux "ashes". Un écho à la fois magnifique et terrible à ce tube éternel de 1980 et son clown blanc et triste qui marchait sur une plage de fin du monde accompagné d'une gentille vieille dame... Une sortie digne, loin du futile et de l’esbroufe médiatique, artiste jusqu'à la fin.
Where are you now ? c'est moi qui te pose la question maintenant DAVID car tu me manques déjà terriblement. Toujours en moi par ton art, certainement.
Une étoile de plus au firmament mais pas NOIRE: brillante, aveuglante et pourquoi pas glam et exubérante comme l'habit du clown de Scary Monsters.
BOWIE pour toujours. David my HERO. Immortel car seule la musique compte et on ne la tue pas.

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