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Revolver, volume 2.

Avis sur Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band

Avatar GeorgesBouche
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1967.

Année faste pour la musique. La carrière discographique de Hendrix débute en Angleterre, les Velvet font sans trop faire exprès un album qui sera parmi les plus acclamés de tous les temps, les Doors, Pink Floyd et David Bowie sortent leur premier album, et je peux encore trouver plein d'exemples comme ça. Année faste pour la contre-culture aussi ; le Summer of Love, la naissance du mouvement hippie, le début d'une contestation massive contre la guerre du Vietnam...

Ouaip, on pourra dire ce qu'on veut, mais de ce côté, 1967 était une année importante. Et c'est dans ce contexte unique que les Beatles, qui viennent à peine d'abandonner les tournées, vont sortir cet album mythique. Tellement mythique que je n'ai probablement rien à dire de constructif dessus, tout a déjà été dit à son sujet.

Cependant, j'aimerais ici parler d'une chose : la comparaison Revolver-Sgt. Pepper's. En effet, si Sgt. Pepper’s est la suite logique de Revolver, il n’a pourtant pas grand-chose à voir avec son prédécesseur. C’est pourquoi j’aimerais mettre en confrontation ces deux albums pour voir ce qui, finalement, les rapproche ou pas.

Dès les premières minutes, on sent que quelque chose a changé.
La production, qui était alors expérimentale, s’est affinée et intègre régulièrement un ensemble de cordes, des cuivres, des harpes, de l’orgue de barbarie, du mellotron, et le sitar de Harrison fait son grand retour. Ils ont même fait venir un orchestre symphonique pour A Day In The Life. Pas de doute, les Beatles sont devenus des pros du studio. De ce côté-là, on a également droit à quelques grands moments d’expérimentations, comme sur Being for the Benefit of Miser Kite!, où le groupe prend à nouveau l’envie de découper des bandes, de les jeter par terre et de les recoller au hasard.
Les thèmes des chansons, s’ils explosaient de créativité dans Revolver, ont pris en maturité sur Sgt. Pepper’s. Globalement, au lieu d’écouter des mecs raconter leurs trips sous acide, on écoute des mecs parler de choses simples de la vie sur Getting Better, Good Morning Good Morning, She’s Leaving Home ou A Day In The Life. Bon, on a quand même notre lot de bizarreries et de textes équivoques sur des chansons plus psychédéliques comme Lucy In The Sky With Diamonds, Fixing a Hole, ou encore Within Without You.

Finalement, dans cet album, tout évoque Revolver dans l’inspiration, mais rien ne rappelle Revolver dans ce qui est produit in fine. Pour moi, c'est ce mélange si complexe et magnifique qui fait de cet album un grand album.

Je me rappelle avoir lu de Revolver qu'il était « l'œuvre des membres du plus grand groupe de musique pop, au sommet de leur art, et conscients de l'être ». Pour moi, cette affirmation est fausse : Revolver est extraordinaire, mais c'est, en quelque sorte, un accident. Ce sont 4 mecs à moitié défoncés qui font les choses qu'ils savent faire, en rajoutant des trucs un peu au hasard par dessus, et comme ce sont des génies, ça passe ; et c'est même excellent. Revolver, c'est un diamant brut. Et c'est pour cette sorte de spontanéité presque brouillonne, d'alchimie inexplicable, mais magique, que j'apprécie tant cet album, même plus que Sgt. Pepper's. Mais j'aime néanmoins voir les deux comme un tout, plus simplement.

Sgt. Pepper's, à l'inverse, est un diamant poli à l'extrême. Indissociable de son aura, il est d'une richesse incroyable : aucune note, aucune harmonie, aucun overdub n'est laissé au hasard. A ce stade, je pense qu'on ne peut plus parler d'un genre musical quelconque. Ce n'est plus du rock, ce n'est plus de la pop. C'est de la musique. Avec ce duo d'album, les Beatles transcendent d'un coup tout ce qui faisait les fondements de la musique populaire, pour créer un résultat d'une fraîcheur et d'un génie remarquables encore aujourd'hui, presque 50 ans après.

J'ai dit au début que c'est dans un contexte tout particulier que sort l'album. Il serait plus exact de dire que ce contexte, ce sont les Beatles qui le créent. Avec lui, ce n'est pas que les Beatles arrivent à capter l'ambiance d'une époque : ils lui donnent une forme, une crédibilité. Ils en créent directement la mythologie. Ils deviennent la mythologie. Ils matérialisent avec du son ce mouvement de contestation, ce sentiment qui traverse autant de jeunes gens dans la fin des années 60. Et avec All You Need Is Love, qu'ils publieront la même année, ils donnent une hymne à ce mouvement.

Mais Sgt. Pepper's, avant d'être une mythologie, c'est un album, avec de la musique dessus. Et quelle musique, putain.

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