Well, I sing to express my belief that sweet talk like candy rots teeth.

Avis sur Steve McQueen

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Non Brian Wilson, je suis désolé mais je peux désormais dire qu'il existe d'autres génies de la pop. Tu m'avais submergé avec ton "Smile", à tel point que je ne pensais plus jamais être en mesure de trouver un album aussi éblouissant dans le domaine de la pop, avec ses mélodies faciles, entêtantes, le genre de morceaux que tu peux avoir dans la tête toute la journée sans que cela te dérange.
Au détour de critiques lues sur Amazon, j'en traversais faisant l'apologie d'"Artistes injustement méconnus" de la pop. Ces artistes apparemment "successeurs des Beach Boys", "Beatles des 70s/80s/90s" et consorts, où XTC pouvait croiser les High Llamas.
Mais à vrai dire, en écoutant un titre par-ci par là, je n'accrochais pas vraiment.
Et puis arriva Prefab Sprout.

Dès le premier morceau, "Faron Young", je fus emporté. Et étonné. Son riff hypnotique, "répétitif" diront certains, son rythme soutenu et le chant quelque peu bipolaire mais tellement mélodique de Paddy McAloon m'ont tout de suite séduit. Tout ce que je recherchais dans un album de pop était déjà présent dès le premier titre. Maintenant il fallait voir ce que donnait la suite.

Et mon étonnement continua. Chaque titre rivalisait d'inventivité avec le précédent, tout en laissant à l'album une cohérence très agréable. Les nappes de synthés 'brumeuses" se mélangeaient aux parties de guitare plus claires, plus discrètes mais toujours efficaces, et les choeurs de Wendy Smith arrivaient pour supplanter le tout avec brio. Mais tout cela ne serait pas grand chose sans le chant de Paddy McAloon, véritable instrument à lui tout seul. Il arrive à exprimer exactement ce qu'il chante à travers ses mélodies. Comme si sa voix, les paroles, et l'accompagnement formaient un tout parfait.
Chaque nouvelle écoute devenait une nouvelle découverte. Les morceaux de Steve McQueen avaient beau avoir toujours un côté nostalgique, ils ne paraissent jamais tristes à l'écoute. Alors qu'en écoutant les paroles, on pourrait effectivement dire que l'album est teinté de sentiments adolescents, de déceptions.
Mélancoliques, parfois teintées de ce qui semble être des remords ("Bonny", "Horsin' Around", "When Love Breaks Down", cette dernière ayant un petit succès à l'époque), mais jamais tristes à mes oreilles. Seul "Desire As" échappe à la règle. "I've got six things on my mind. You're no longer one of them".

Steve McQueen est de ces albums où des paroles surgissent dans votre esprit pour y rester.
"You surely are, a truly gifted kid, but you're only good as, the last great thing you did." (Movin' the River)

Et puis, sans m'en rendre vraiment compte, je l'écoutais sans arrêt. Sa variété fait qu'on a du mal à s'en lasser, pour peu qu'on aime la pop et qu'on ne fait pas attention aux sons qui ont parfois mal vieilli. (je pense à Appetite et son clavier)

Le meilleur est que Prefab Sprout continuera sur sa lancée et arrivera toujours à satisfaire les amateurs de pop raffinée. "From Langley Park to Memphis", "Jordan The Comeback" ou des moments de "Protest Songs" et autres, arriveront également à la cheville de Steve McQueen, sans jamais copier ni répéter la même formule, ce qui me pousse à affirmer que McAloon est un génie de la musique.

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