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Stranger Than Fiction par killuapo

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Je vous avais dit que No Control (1989) était mon album préféré de Bad Religion ? Je vous ai menti. J'ai deux albums préférés de BR : No Control, et Stranger Than Fiction (1994). Pas pour les mêmes raisons. Si No Control brille par la cohérence de l'album et la rencontre entre la puissance du punk rock et des mélodies concoctées par le groupe, Stranger Than Fiction est l'album qui me fait le plus jouir depuis qu'ils ont pris leur tournant plus adouci avec Recipe For Hate (1993).

A cela, il y a deux raisons :

-La composition de l'album, variée et cohérente mais qui porte toujours cette rage en elle. Quand on passe d'Incomplete à News From The Front en passant par Tiny Voices, il y a toujours ce son de guitare agressif qui t'attrape par le col et te secoue comme un dingue. Bad Religion est revenu à cette structure d'album cohérente qui avait fait la force de No Control et de Suffer (1988) en leur heure : pas une seconde pour souffler, si ce n'est le mélancolique Infected, tout de suite rattrapé par le turbulent Television (soutenu par la voix de Tim Armstrong, le chanteur de Rancid). C'est l'alliance idéale entre le son tempéré de leurs albums récents comme The Gray Race (1997) qui le suivra, et le grognement continu qui avait changé le skate punk avec Suffer.

-Le mix. Cet album est le meilleur mix que j'ai jamais entendu en punk rock, voire en musique en générale. C'est une des premières fois que j'écoute un disque et que je suis ébahi par la qualité de la superposition des sons des différents instruments. Pour la production de l'album, c'est la première fois que Bad Religion fait appel à un producteur externe pour concevoir leur album : Andy Wallace, un vétéran du rock qui a entre autres bossé avec Rage Against The Machine, Sonic Youth, Foo Fighters, Paul McCartney... Vous pouvez admirer son palmarès sur sa page Wikipédia ici : http://en.wikipedia.org/wiki/Andy_Wallace_(producer)
Et bien ça défonce. On oublie ici la guitare cracra qui recouvrait tous les autres instruments sur leurs précédents albums (bien que c'était déjà une grande avancée à cette époque du punk rock) : la clarté de tous les sons est exemplaire. A-t-on déjà mieux entendu le son de basse de Jay Bentley que sur Tiny Voices, The Handshake ou Leave Mine To Me, qui donnent une rythmique non négligeable à l'album et qui rendent les breaks absolument jouissifs ? Non, on n'a jamais autant vibré sur ses lignes de basse.
Alors oui, l'album passe moins facilement que No Control dont on ne fait qu'une bouchée, mais la qualité de l'album absolument exceptionnelle encourage souvent à aller le réécouter, pour sentir à nouveau le besoin de headbanger dès les premiers vers de Greg Graffin.

Aussi, Bad Religion doit être le seul groupe de punk rock à avoir écrit une chanson une chanson sur un procédé mathématique. (Markovian Process ; le chanteur de Bad Religion a un PhD en zoologie, et enseigne à l'université à ses heures perdues)

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