Délire parano-dépressif, pseudo-écriture fantasque. Connard inintéressant.

Avis sur Surrealistic Pillow

Avatar LesterBangs
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Il est 2h06, j'viens de rentrer chez moi, j'suis trempé de la tête aux pieds, j'ai l'oeil fatigué, il décrit mon état physique déplorable, je rote les derniers relans de Vodka-Schweppes ingurgités il y a encore quelques minutes, la cigarette m'a rendu la bouche pateuse, j'ai l'air con, je me sens con, je suis con et pourtant, le livre de Lester Bangs (mon Héro-Rock-Critic) me sourit avec une tentation diablesse. Allez, je vais faire sympathie avec le diable pour ce soir comme le disait ce bon vieux Mick et laisser ma condition physique derrière moi le temps d'une lecture. Mon esprit est embrouillé et je me remémore Las Vegas Parano, allez savoir pourquoi, moi même je comprend pas, l'esprit a cette capacité de nous emmener dans telle ou telle direction que ça en devient presque jouissivement plaisant, cette scène, si si, vous vous souvenez tous, cette scène où Benicio Del Toro est dans la baignoire et demande à ce qu'on jette cette foutue radio lorsque White Rabbit de Jefferson Airplane est en train d'être jouée, bon, bah j'y peux plus rien, l'esprit est plus fort que le corps, faut que j'écoute Surrealistic Pillow de Jefferson Airplane sinon ça va me ronger jusqu'à l'os et je vais pas fermer l'oeil de la nuit, autant me faire violence, qui sait, j'serais surement gagnant au bout, ou, au pire des cas, bon looser.

J'ai acheté ce disque y'a plus de deux ans, deux ans que je l'avais pas écouté, ou, du moins écouté avec toute la concentration et la passion nécessaire pour apprécier certains disques. Deux ans, une putain d'éternité sordide quand j'y pense, j'devrais me flinguer, je perd mon temps à écouter et critiquer Fauve pour la bonne conscience de soit-disant Rock-Critic à deux balles que je suis (Lester Bangs me met sa main dans ma gueule à travers l'au-delà) mais finalement, qu'est-ce que j'en ai à foutre de mon propre avis sur ma personne, sur les autres ? qu'est-ce que j'en ai à foutre de la merde actuelle ? ça me fait pas d'effet, je ressens rien, je trouve tout surjoué, sur-produit, sur-poli au point que le produit est transparent, inaudible. J'suis devenu trop vieux ? A 20 ans ? Merde, j'ai encore manqué le coche pour fermer ma gueule de pestiféré plaignant, j'vais passer pour un Hipster Musicos prétentieux ou un jeune-vieux con sénile qui dégueule sa haine inutile comme vérité générale "le Rock c'était mieux", choisissez votre camp.

Bref, je m'égare, je vais trop loin, revenons à nos moutons mais bizarrement, Jefferson Airplane me porte pendant que j'écris ces lignes sans intérêts et déjà la magie a opéré sans que je m'en rende compte. L'Airplane m'a déjà emporté, mon âme s'est détachée, je m'égare dans les méandres de mes propres pensée, vaquant ici et là sur des sujets futiles, inutiles, stupides, machiavéliques.

Comin' Back To Me est en train de jouer dans un coin de ma tête. Bordel, cette musique de défoncé Hippie crasseux bouseux m'apaise. Et pourtant, je ne suis ni sous l'emprise de drogues, ni sous l'emprise de l'alcool (j'ai été molo ce soir sur le nectar diabolique, pour une fois), je vois la musique telle qu'elle peut l'être, adoucissant mes peines, m'éloignant de toute la merde qui pullule dehors et qui n'attend que de me dévorer pour aller chier le résultat dans un endroit qu'on appelle "tombe". Pour une fois, je peux lui dire merde sans me cacher, j'me sens bien bordel.

Dans un instant de frénésie mêlant fatigue et inconscience, je me jette sur White Rabbit. J'me sens oppressé, j'me sens perdu, y'a une pression qui se jette à corps perdu sur mes épaules, la voix de la chanteuse me met face à tout ce que je déteste, tout ce que tente de rejeter depuis tant d'années, j'ai les yeux grand ouverts, y'a plus moyen de les fermer, je veux les fermer mais c'est impossible, la pression m'accable, maintenant c'est mon corps qui me lâche, mon esprit va partir en banane dans quelques secondes, la voix de la chanteuse explose, des balles surgissent de partout, s'écroulant sur mon corps inerte et pourtant, je ressens chacune d'elle, elles me transpercent et, quelque part, me libèrent de toute cette frustration, cette haine, ce désespoir dans lequel ce morceau m'avait enfermé dès les premières secondes. Un RollerCoaster émotionnel.

J'me lis et putain, c'est de la merde ce que j'écris, j'imagine même pas la tronche du lecteur déterré, hey ouais mon gars, tu viens de lire un pecquenot Nantais qui balance sa prose pseudo-imaginative dans l'espoir d'avoir un quelconque intérêt de celui qui portera son regard sur ces lignes, comme la Track 8, maintenant je te pose cette question "How Do You Feel" ?
Je viens de me rendre compte que personne n'a jamais critiqué cet album auparavant et même si Sens Critique n'est pas la foutue maison-mère des grands esprits (j'en suis la preuve pure et simple), je suis en train mettre les pieds sur un chemin très dangereux, des fans de Rock vont checker ma critique et surement se dire qu'ils ont perdu foi en l'humanité. Qu'est-ce que j'en ai à foutre là encore ? Dans le fond, je crois pas en moi-même, au moins, comme ça on est deux.

Quoi ? Comment ça je parle pas de l'album ? Bordel, les seuls paumés qui viendront sur cette putain de page sont soit des égarés qui cherchaient un quelconque son de drogué (ce que n'est pas, ou du moins, n'est plus, Surrealistic Pillow, remballez vos clichés Hippies drogués défoncés à l'herbe bon marché) soit des personnes qui savent que ce groupe en vaut la peine, vaut la peine d'avoir son écoute dans son intégralité, c'est une pièce maîtresse des années 60, révélateur d'une jeunesse à la foi perdue et retrouvée dans un seul et même temps. Jefferson Airplane est plus que de la musique planante qui s'écoute accompagnée d'un gros joint bien cliché à en faire palir d'envie Bob Marley et tous ces dredeux de la Jamaique (encore un cliché ! Quoique....), Jefferson Airplane transcende tout ce qu'il touche, il parle plus que des mots, nous font ressentir plus que des sensations mais pour cela, il faut écouter attentivement, aller au-delà de l'écoute. Ahah, l'au-delà, ce mot colle parfaitement à Jefferson Airplane.

Non, je ferais pas la critique morceau par morceau, on doit prendre dans cet album ce dont on a besoin, comme peut-être, chaque album de notre discographie personnelle finalement et composer notre propre instant sur ces morceaux choisis.

Pourquoi faire ça ? Car la musique est vie et la vie est musique, à nous de réunir les deux bouts, comme lorsqu'on cherche quelqu'un pour combler ce trou émotionnel béant, l'harmonie se fait à deux, la solitude ronge l'âme et nous désistue de ce que nous sommes vraiment, des hommes.

Oui, je suis parti loin, trop loin, mais c'est peut-être en partant trop loin qu'on repousse nos limites, qu'on découvre de nouveaux territoires, de nouvelles sensations qu'on ne soupçonnait pas auparavant. Prenez cette critique comme une vaste fumisterie, peu m'importe, pendant quelques minutes j'étais libre, loin des barrières psychologiques que nous nous imposons sans réellement le savoir à chaque fois que nous critiquons un album. J'étais ridicule le temps d'un instant mais au moins, j'étais libre.

J'étais devenu Comfortably Numb.

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