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Ciroc & cigars

Avis sur Teflon Don

Avatar Gronaldo
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Rick Ross fait partie des figures de proue du mainstream saison 2011-2012, une fois de plus. Un potentiel commercial qui tend à augmenter légèrement, on verra comment est accueilli le prochain, intitulé avec une fausse sobriété God forgives, i don't. En 2010 sortait Teflon Don, le 4ème LP solo de l'ex maton de Floride. Un nouveau boom avec un disque d'or et des critiques encore meilleure que pour Deeper Than Rap, Rick Ross marche sur l'eau malgrès ses kilos en trop, en adoptant toujours cette même formule qui a tendance à faire fureur à ces heures sombres. Une opulence extrême et abrutissante que reprendront Jay-Z ou Diddy, avec un peu moins de classe cependant. Pour une fois j'vais détailler ça track par track, parce que qu'on le veuille ou non un album de la fausse doublure du gangster Freeway Rick Ross (qui a rappellons le attaqué le MC pour plagiat) est toujours un évènement.

Teflon Don ouvre les hostlités sur une production trap music de la J.U.S.T.I.C.E. League. Ross se plait à clamer qu'il n'est pas une reusta, puisqu'il se balade toujours avec son calibre 45 malgrès tout les dollars engrangés. Contradictoire puisque sur un beat lourdingue il espère qu'on se souviendra de lui à la manière d'un Lennon. Sa mort serait une grande célébration, les salopes se tatoueraient son portrait sur leur tits, on érigerai une statut au milieu de Miami et on léverai les fusils en l'air en tirant vers les étoiles comme un 31 Decembre. Tout un programme, mais pour l'heure retour aux affaires, à la vente de cocaine pour sur. Les accusations pesantes sur sa fausse street credibility ne semblent en rien n'avoir ébranler ses récits fantasmés.

"Free Mason" plus dans une atmosphère Deeper Than Rap que trap, est produit par The Inkredibles. Plus entrainant de part son hook catchy et la présence de John Legend, ce morceau a fait pas mal parler puisqu'il a pour thématique le street dream et l'ascension à la Biggie mélé à des références aux sociétés occultes qui aiment se faire appeller illuminati. Jay-Z règle ses comptes lorsque Ross livre un égo trip ambigue et abstrait : des codes secrets, des pyramides., reférences aux Skull & Bones etc cotoient des lignes plus classiques. Ce qui est sur c'est que les pyramides n'ont pas été construite par les buldozzers mais par les nègres, ce qu'il aime à rappeller.

Un peu dans la même vibe en un peu plus laid back "Tears of Joy" (produit par le compère de Kanye, No I.D.) séduit justement par la production de No I.D. et son sample du grand Willie Hutch. Pour ne pas changer une équipe qui gagne (du moins commercialement) Ross nous dépeint le chemin qui l'a amené de pauvre maton au succés et à l'opulence, des larmes de bonheur coulant sur ses joues grassouillettes. On peut aussi noter la grande importance de Dieu dans les morceaux de Ross, paradoxal au vu de l'esprit de ce dernier. Dieu c'est un peu le prétexte pour vivre dans la luxure, baiser des putes et vendre de la Cindy Lauper en fait, c'est du "God told me". Et pourtant des fois c'est l'envie de la rédemption...bien vite repoussé par l'appat du gain et du sexe
"I wanna walk in the image of Christ
but that bitch Vivica nice
And i'm still swimming in ice"

"Maybach Music III" est comme son nom l'indique le 3ème volet de la série de morceaux Maybach Music. Après Jay-Z dans le premier, puis Kanye, Wayne et T-Pain dans le 2ème, il a fait le choix assez surprenant de T.I., Jadakiss et Erykah Badu pour celui ci. Le morceau est ininteresant et insipide autant le dire tout de suite même si jusque là je n'ai jugé ouvertement aucun des morceaux précédents. Jada et T.I. sont useless, seule Badu s'en sort, et encore une fois il faut noter le travail d'orfèvre de J.U.S.T.I.C.E. qui sample Caldera et qui noie des guitares électriques pour un outro qui aurait pu être bien bandant si c'était un autre MC que Ross qui posait dessus. Une autre démonstration de la notion d'accomplissement de la vie chez le materialiste : la black american express card, alors que ses parents n'ont jamais eu un bon job.

Véritable hymne à la fast life "Life Faster, Die Young" est produit et co interprété par Kanye, seul petit prince qui ne s'était pas encore convié à cette orgie sur 11 pistes qu'est Teflon Don. On y parle des haters, du fun que n'auront jamais les haters et du fait de s'amuser à en crever sans passer à demain, et d'expirer avant de voir arriver les conséquences. Dans le ton de l'album, la morale de l'histoire chacun s'en fera un avis.

On passe la moitié de ce Teflon Don avec "Super High" avec Ne-Yo. Au programme : toujours pareil, la fortune et le succés. On en profitera pour s'attarder sur la prod de Clark Kent bien sympa qui mêle R'n'B et funk avec brio. Et on se dit que si tout les MCs avaient le même gout pour les beats que Ross et les moyens de les acheter, ça nous ferait pas mal d'album au dessus du stade sympa (ou le MC tire à lui seul un album aux choix musicaux ratés), mais c'est aussi un déchirement de voir qu'un MC comme Ross peut en jouir.

Jusqu'ici Teflon Don s'est avéré plutot mauvais il faut le dire, rapistiquement du moins, mais par ses choix musicaux et artistiques assumés on a limité la casse. Avec "No.1" Ross franchit le cap, et atteint les royaumes de l'inaudible.Danja utilise un sample de "Hello Good Morning" de Diddy et s'en sert à des fins plus que douteuses et hasardeuses, un breakbeat dégueulasse aux drums écrasés, une transition hook/verse qui laisse dubitatif...tout ça assorti de verse nullissimme et mou, sans compter un hook de mauvais gout de Trey Songz. Un espère de tout coeur que cette association des BugattiBoyz ne va se prolonger que lors de soirées arrosées ou Ross et Diddy jetteront des billets verts à la plèbe, et qu'on attendra plus jamais ça sur galette.

On entre maintenant dans une petite pèriode Lex Luger, grosses basses et orchestre de snares au menu pour un délire purement trap avec ici le gogolesque (et drole il faut bien le dire) Gucci Mane au dernier verse. Un résultat plus que discutable avec un hook assez dégueulasse du à un delivery forcé de la part de Ross. De plus à ce stade là plus trop besoin de parler de contenu puisque c'est le néant, mais dans la forme aussi en fait, là ça se passe quand même de mots. Et ceux qui répondraient que certains classics n'avaient pas de bons lyrics je renvois à la (courte) critique de Doggystyle.

On reste donc dans la même mouvance avec le gros single "B.M.F (Blowin' Money Fast)", un street banger plus efficace même s'il ressemble étrangement au précédent (un meilleur choix de drums). Styles P nous gratifie d'une des rare perf convenable, pas top mais plus sobre et générique, ce qu'on aimerait que les perfs de Ross soit des fois tant on a l'impression qu'il s'affiche des fois. Mais pourtant ça plait à Pitchfork, faut croire que les visions ne sont pas les mêmes, bientot ce sera hype pour un chanteur soul ou R'n'B de chanter faux peut être. Wait & See, à ce stade peu de choses surprennent.

"Aston Martin Music" revient à un style plus posé, dans un style R'n'B (avec Chrisette Michelle au hook) un brin synthétique signé une dernière fois J.U.S.T.I.C.E. League. Drake qui a l'air d'avoir été rajouté en catastrophe tant son petit passage au hook parait ridiculement court et en décalage avec le reste du son, même si sur la version single clippé plus tard il lache cette fois un verse. Un morceau plus agréable que les derniers cités, un propos qui sied plutot bien à la prod laid back et qui fait très Drake...un ride en Aston Martin avec la pute de ses rêves, l'officier Ricky a aussi besoin d'amour, comme le montre la toute première ligne du premier verse, reprise de "I Need Love" de LL Cool J.

"All The Money In The World" se pose en conclusion, Ross a eu le bon gout de ne pas finir sur une énième glorification du materiel et de la richesse contrairement à ce que laisserait penser le titre. On reste dans du Rick Ross, mais c'est ici la famille (dont son père décédé d'un cancer) qui est à l'honneur, que Ross n'échangerait pas, même pour "All The Money In The World"...

Teflon Don n'est pas un bon album, ce n'est même pas un album moyen par bien des aspects, malgrès une bonne moitié de l'album qui bénéficie de productions haut de gamme. Teflon Don est exécrable, conçu dans un esprit gerbant et que je ne cautionne pas. Et pourtant...quand on écoute certains morceaux comme le dernier, ou certaines bars et fractions d'autres on est assez fasciné par la persona de Rick Ross, simpliste et pathétique pourtant, mais parfois empathique. Bizarre, pas tant que ça en fait.
Rick Ross peut se reposer, savourer la vie comme il le fait depuis plusieurs années maintenant, jusqu'à la mort. Ses albums se vendent bien, il a la black american express card, la salope, il lui reste plus qu'à chiller en Maybach, un cigare à la bouche, til the sun rise up...qu'on le veuille ou non Teflon Don est un des évènements musique de l'année 2010. Rick Ross a menti, il est bien une star.

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