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Alors que l'excellent live ...And the Ambulance Died in His Arms, sorti quelques mois auparavant, pouvait être vu comme un hommage à la mémoire de Jhonn Balance, décédé un an plus tôt, The Ape of Naples serait lui un point d'orgue à la fabuleuse carrière d'un groupe totalement atypique. Loin d'une fade compilation mémorielle, et tellement loin d'une opportunité mercantile, The Ape of Naples puise dans plus de 10 ans de matériel sonore, dépoussiéré et réarrangé pour l'occasion par Peter Christopherson. La plupart des morceaux présents ici sont déjà plus ou moins connus, par le biais de démos ou de lives, mais jamais aucun n'est paru sous cette forme, n'a été entendu de cette façon.

The Ape of Naples a le don d'offrir un panorama de la musique de Coil qui brasse tant historiquement que stylistiquement (les deux ne sont pas intimement liés chez Coil), en lissant les aspérités et réduisant les difficultés d'écoute comme rarement dans leur discographie. The Ape of Naples s'écoute presque facilement, mettant en lumière toute la beauté qu'il fallait fréquemment aller chercher profondément dans leur musique. Le magnifique Fire of the Mind ouvre idéalement l'album sur des voix angéliques, celle de Jhonn étant incluse. The Last Amethyst Deceiver, souvent entendu durant leurs concerts sous bien des aspects, offre ici un visage presque apaisé. Le très Tom Waitsien Tattooed Man s'invite comme un des morceaux les plus bankables que le groupe ai pu produire, et ça continue.

Les morceaux de bravoure se suivent et ne se ressemblent pas, les obsessions de Coil défilent les unes après les autres : Troubler l'auditeur, le désarçonner, l'emmener a aller voir plus loin, ne pas l'arrêter à la première écoute, piquer la curiosité et finalement faire mouche. 20 ans de carrière ont forgé l'oreille de l'auditeur, Coil l'a fait passer par tous types d'émotions en lui faisant traverser des territoires parfois vraiment difficiles à explorer. Aujourd'hui, il fait le point, jette un regard sur toutes les terres défrichées, sur les trésors découverts ça et là, et s'autorise un dernier plaisir. The Ape of Naple est un repos du guerrier, une dernière gorgée de vin, l'ultime souffle de 2 artistes ayant innové partout où ils sont passé, mais dont Coil restera le chef-d'œuvre.

Cold Cell, dont la version sur le Live Three avait déjà le pouvoir de stopper le temps, fait office de prière mortuaire. L'étrange esthétique de Coil s'écoule d'Amber Rain, le disque s'étire encore quelques minutes puis s'envole définitivement pour disparaitre à l'horizon.

L'édition limitée de la réédition vinyle contient un 4ème disque, The New Backwards, également composé de réarrangements de raretés diverses, et qui est lui aussi hautement recommandable. Coil aura boulimiquement comblé son public jusqu'en ses ultimes retranchements.

Peter Christopherson rééditera ensuite quelques disques, partira refaire un tour avec ses vieux potes de Throbbing Gristle, se penchera sur divers projets, et s'éteindra dans son sommeil le 25 novembre 2010. Cette fois, Coil est bien terminé.
Vazkeizh
10
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de coeur et l'a ajouté à ses listes COiL et Les meilleurs albums des années 2000

il y a 10 ans

47 j'aime

13 commentaires

The Ape of Naples
Amrit
7

En attendant le Krita Yuga...

Si "Musick to play in the dark" était un album nocturne, ce dernier opus de Coil est assurément un album solaire. Qualité d'autant plus remarquable qu'il s'agit de réarrangements d'anciennes chansons...

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il y a 8 ans

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The Ape of Naples
CashMiguel
9

Oh Lord, save my sinful soul

Dans la famille des albums capable de détruire ton âme de l'intérieur, The Ape of Naple est aussi puissant que A Crow Looked At Me de Mount Eerie. Mais d'une façon différente. Avec cet album, on...

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il y a plus d’un an

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