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Le show d'Eminem

Avis sur The Eminem Show

Avatar Ecto
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« It's my life, I'd like to welcome ya'll to the Eminem show »

Cet album est selon moi le plus abouti de la carrière d'Eminem.

Je vais tenter de m'expliquer : cet album, contrairement à The Slim Shady LP et The Marshall Mathers LP, et très diversifié et offre une vision large du personnage d'Eminem. Dans The Slim Shady LP, le ton était assez burlesque et déjanté, alors que dans The Marshall Mathers LP, le blondin racontait plutôt sa vie à travers une facette sombre, parfois dramatique. Dans The Eminem Show, Marshall offre à la fois du divertissement, du délire, des épisodes de sa vie, des chansons dédiées à sa fille... C'est son album le plus complet à mon avis.

Le disque commence sur les chapeaux de roue avec "White America", un titre qui dénonce la censure et qui fait peut-être allusion au côté double-tranchant de son succès. La deuxième piste est plus un gros délire qu'autre chose en compagnie du Doc Dre, où les deux compères se prennent pour Batman et Robin et clament haut et fort qu'ils vont faire remonter le rap à son vrai niveau en étant de retour. "Business" n'est pas ma track préféré de l'album, mais l'instru et le flow sont toujours aussi bons.

Le registre de "Cleanin' out My Closet" est déjà plus personnel, mélancolique. Eminem raconte une nouvelle fois sa vie, ses hauts ses bas, ses embrouilles avec ses proches : encore une fois, je trouve que cette chanson n'est pas la meilleure de l'album mais elle reste agréable à l'écoute. Selon moi, avec "Square Dance", on commence vraiment à rentrer dans le gros de l'album. Encore une track bien Shadyesque, qui est parfois difficile à cerner dans son sens, même si il s'apparente à une critique des républicains et de Bush. On enchaîne avec "Soldier", qui doit à tout prix être écoutée à la suite du skit "The Kiss". Cette chanson compare le rappeur de Detroit à un soldat, luttant partout et tout le temps au cours de sa vie : dans les battles, contre les médias, contre les tribunaux...

La track suivante, "Say Goodbye Hollywood", est beaucoup plus intime à mon sens. Eminem fait l'analogie entre sa passion pour les comics dans son enfance et sa vie actuelle qui ressemble elle-aussi à un scénario hollywoodien. Ainsi, il dit dans cette piste assez touchante qu'il aimerait quitter Hollywood, ou tout simplement quitter cette pression ambiante qui le suit au quotidien. Pour "Drips", en featuring avec le bon Obie Trice, changement radical de sujet. Cette chanson est certainement la plus délirante du disque. C'est une sorte de croisement entre la prévention contre le sexe sans capote et un délire misogyne bizarroïde. Pour la suite, c'est "Without Me", qui ressemble fort à une suite de "The Real Slim Shady". C'est le single tremplin de l'album. Eminem tacle les médias et des célébrités entre une ou deux allitérations et assonances dont il a le secret, tout en gardant ce côté burlesque qui fait la force de Slim Shady. Ça coule de source.

On enchaîne avec selon moi la meilleure piste de l'album... "Sing for The Moment", qui fait quasiment oublier "Dream On" d'Aerosmith qui lui sert de sample. Dans cette chanson, Eminem raconte de manière simple et sans trop faire d'analogie avec sa vie le rôle d'un rappeur, ses responsabilités, ce qu'il doit assumer : loin de l'univers bling-bling d'autres comme 50 Cent, Marshall le fait en toute humilité, et il faut à tout prix écouter le troisième couplet (suivi d'un solo de guitare dantesque) qui est magique (frissons assurés), où on sent que les paroles qu'Eminem viennent du coeur et des tripes. Ensuite, place à "Superman", qui ressemble un peu à "Drips", mais en plus sérieux. Dans cette chanson, la maîtrise verbale d'Eminem se fait vraiment ressentir, et on ne reconnaît vraiment pas Dina Rae, qui de toute façon à un rôle souvent anecdotique dans ses featurings avec Eminem. (ouh, ouais, oh... euh ta gueule)

"Hailie's Song". Pour la première fois (de sa vie ?) Eminem chante ! Il le fait tout en douceur, en sentiments pour dédier cette chanson à sa fille, même si le troisième couplet en rap envoie du fat aussi. Cette hommage est vraiment très touchant, on est pas dans le "ouais ma fille je t'aime tavu", mais dans un poème où Eminem voit en sa fille le seul échappatoire qu'il a avec sa vie de star. Pour ce qui est de "When the Music Stops", la track suivante en featuring avec D-12, le flow bien senti et la succession des différents rappeurs fait toujours plaisir même si ce n'est clairement pas la meilleure piste de l'album. En ce qui concerne "Say What you Say" en featuring cette-fois ci avec Dre, je pense m'abstenir car c'est la seule piste de l'album que j'exècre.

On finit cette critique en apothéose avec "Till I Collapse", l'un des tous meilleurs sons de Eminem, avec un Nate Dogg (RIP) au top. Eminem gueule mais ça reste jouissif. Les deux derniers vers sont géniaux : « Cause I don't really think that the fact that I'm Slim matters
A plaque of platinum status is whack if I'm not the baddest. ». Ah oui, pour finir, le génialissime "My Dad's Gone Crazy" : je dirais simplement d'aller écouter le troisième couplet de ce gros délire orchestré par Marshall Mathers et assisté par Hailie Jade, qui est énorme.

Au final, ce show si bien raconté, si bien mis en musique par le doc, et surtout si plaisant s'avère être le show de toute une vie : celle d'Eminem. Un album qui envoie du fat comme on dit dans les milieux autorisés.

« It's why we sing for these kids that don't have a thing
Except for a dream and a fucking rap magazine
Who post pinup pictures on their walls all day long
Idolise their favourite rappers and know all they songs
Or for anyone who's ever been through shit in they lives
So they sit and they cry at night, wishing they die
Till they throw on a rap record, and they sit and they vibe
We're nothing to you, but we're the fuckin' shit in their eyes. »

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