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"A continuous flow of music"

Avis sur The Endless River

Avatar Tom_Ab
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C'est en ces termes que David Gilmour qualifie l'album. Et c'est exactement ce qu'on ressent à l'écoute, une longue symphonie de cinquante minutes, insécable et organisée en mouvement.

Chacun de ces mouvements est extrêmement bien conçu. En effet, ils montent tour-à-tour crescendo avant de se calmer durant quelques minutes et de finir à chaque fois par un final chanté ou au moins avec des choeurs. La musique semble véritablement s'écouler comme une rivière sans fin, parvenant même à instaurer un leitmotiv sonore à quelques moments clés de l'album pour donner du liant et pour établir une sorte d'écoute cyclique - la fin du dernier morceau revenant aux premières notes du début de l'album.

Chacun de ces mouvements a un thème : le premier est clairement Wish You Were Here; son très planant, longue introduction, guitare haut perchée, qui rappelle aussi Marooned de The Divison Bell. It's What We Do en est le sommet, hybride de Welcome to the Machine et Shine on Crazy Diamond. Un moment forcément fort pour la plupart des fans du groupe qui retrouvent là toute la saveur du temps jadis.

La seconde partie prouve que les Pink Floyd ne font pas que du fan service. Il s'agit probablement de la partie la plus expérimentale : très psychédélique, faite de longues aparthées de percussions et de sons étranges. C'est un hommage clair à The Dark Side of the Moon mais aussi à la période Syd Barrett. Cette partie est aussi une partie un peu plus inégale. Mais elle ose proposer, non pas quelque chose de révolutionnaire, mais une plongée dans les débuts des Floyd. On pense à Ummaguma ou encore Atom Heart Mother par certains moments.

La troisième partie est très belle et probablement la plus cohérente de tout l'album. Elle met en avant tout le talent de Rick Wright (crédité sur 12 des 18 titres tout de même), à l'orgue notamment dans le sublime Automn 68, encadré par un morceau scindé en deux, en miroir, qui ressemble à Run Like Hell et qui donne une fougue folle à l'ensemble. Talkin' Hawkin' est excellente. Les choeurs y sont fabuleux et la ligne de basse est entêtante. Basse qui manque parfois dans l'album mais qui, lorsqu'elle est présente, avec Guy Pratt aux manettes, est toujours aussi indispensable.

La dernière partie se rapproche davantage de The Divison Bell, clairement très "gilmorienne", qui d'ailleurs au passage livre un travail remarquable. Sa guitare est toujours aussi précise et magnifique. On constate également un beau travail de Mason qui semble ressortir de l'ombre après des années sans un jeu de percussions mémorables avec les Pink Floyd. Le dernier morceau, Louder Than Words est la seule chanson de l'album. Ce n'est clairement pas la meilleure chanson du groupe, bien en deçà d'un High Hopes dans l'album précédent mais l'ultime solo de guitare de Gilmour donne de véritables frissons.

Alors oui, l'album est fait de chutes de The Division Bell, parfois pêche par la courte durée de certains morceaux du coup un peu bancals, mais il parvient à éviter le piège de la redite et du fan service en proposant une écoute exigeante, riche à l'oreille, portée par quelques moments de bravoure de Gilmour et de Mason mais aussi par du saxophone et de la clarinette par exemple, ne boudant pas le plaisir de piocher dans les influences du groupe mais aussi dans son propre son pour remettre au goût du jour une certaine musique (voix, pédales, effets sonores et j'en passe...). Album réservé surtout aux fans du fait de son relatif hermétisme et de sa volonté d'aller contre la facilité - bien qu'il y tombe parfois un peu -, The Endless River, sans atteindre le génie d'autrefois, brasse tout ce qui a fait ce groupe légendaire : une patte, un son identifiable en quelques instants, estampillé à "Richard Wright" - dont le fantôme hante tout l'album. La production et les arrangements sont admirables de justesse. Réussir à obtenir de la cohésion sur un tel ensemble hétérogène relève presque du miracle. Il manque cependant un peu de paroles et de mots sur cette belle musique, ainsi qu'une folie que seule Barrett et Waters ont su traduire en musique.

Les Pink Floyd peuvent mourir tranquilles à présent. Le rideau peut tomber. "The endless river, forever and ever." Chapeau.

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