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Quite the same anymore

Avis sur The New Abnormal

Avatar liammad
Critique publiée par le

Après 7 ans sans aucun projet des Strokes hormis un EP oubliable, la sortie de « The new abnormal » était bien plus que grandement attendue ; si l’excitation à l’idée d’écouter les nouvelles propositions de Julian et sa clique était insoutenable, ces derniers se retrouvaient confrontés au sempiternel défi des groupes du 21ème siècle : prouver que le rock n’est pas mort, tout en se ré-inventant.

En effet, avec ses 2 premiers albums cultissimes (Reptilia est à peu de chose près, l’hymne d’une génération) et un très bon Angles, les New-yorkais sauveurs du garage rock au goût prononcé pour les performances lives cocainées et les paroles mélancoliques couplées de rif entraînants étaient, pour le moins, attendus au tournant.

C’est vrai ; il est d’usage de penser qu’Arctic Monkeys se sont perdus, blink-182 se sont mis à la soupe, et on a pas entendu parlé des White Stripes depuis au moins 3 coupes du monde. Les goûts changent, les rockeurs deviennent has been, on consomme la musique différemment, n’en déplaise aux plus old-school d’entre nous.
Mais Royal Blood ou catfish and the bottlemen l’ont montré : tout espoir n’est pas perdu, et les jeunes ont encore envie de se déchaîner sur des guitares à Glastonbury & Reading.

The new abnormal, étincelant de beauté par sa pochette hommage a Basquiat, a trouvé l’astuce ; des emprunts cohérents et assumés aux 80s pour un rock psyché mature et déprimant.
L’album s’ouvre magnifiquement par l’incroyable ballade « The adults are talking » qui, comme un utilisateur de YouTube l’a fait justement remarqué, « nous a donné ce qu’on attendait ». Pour que le reste de l’album « nous donne ce dont on a besoin ».

Julian nous émerveille avec ses capacités vocales dans « selfless », mais surtout au long des 6 minutes de « eternal summer » qui, si l’industrie de la musique était bien faite, pourrait être le tube de l’été, fort de ce qu’il faut d’aigus alternés avec ce timbre rocailleux si caractéristique de notre cher JC. Si le sample hasardeux de Billy idol n’a pas suffit à rendre « Bad decisions » techniquement intéressant, l’accrocheuse « Brooklyn bridge to chorus » s’invite merveilleusement dans nos cerveaux pour nous donner l’envie irrépressible de l’écouter en boucle, « at the door » nous fait l’effet d’une épopée mystique tandis que « Ode to the Mets » s’enfonce dans le dramatique par ce crescendo sublime qui rappelle « Metabolism », et clôt l’album de la manière la plus divine possible.

Cet album est assez sombre ; ce qui reflète la litanie qui n’a jamais quitté les Strokes depuis leur début. La trame lyrique évoque maintes fois la solitude, la trahison, l’échec. Les Strokes sont comme nous, des looseurs épuisés par la vie et la routine sans queue ni tête de notre époque moderne, et de nos relations humaines dénuées de sens. Julian est narquois, pince-sans-rire. L’homme qui est « tired of New-York city because too many white people are having brunch on the week-end » n’a pas perdu de sa superbe (arrogance). Cet album veut dire quelque chose, va quelque part. Il ne dénonce pas vraiment quoi que soit toutefois ; rappelons-le les Strokes, c’est avant tout « fuck it anyway ».

Alors oui, pari réussi. Rien de grandiloquent. Rien de spécialement novateur, renversant. La guitare est timide, parfois absente. Les synthés largement (trop) exploités ; un peu facile. Mais le projet convaincs, nous rassure sur la longévité d’un groupe mythique mais parfois décrié. En bref ; l’attente fut providentielle.
En nous proposant ces 9 titres frais et percutants, les Strokes n’avaient pas besoin de faire plus. Les morceaux sont bons, et pour le reste la magie opère toute seule. Les rares prises de risques sont joliment exécutées, la flamme n’est pas perdue.

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