Wondering about sound and vision

Avis sur The Next Day

Avatar T-Usk
Critique publiée par le

Difficile d'approcher un album de Bowie en faisant abstraction du personnage, d'une carrière. Difficile de trouver un angle d'attaque pour cet album.
Alors j'ai décidé de me lancer, sans réfléchir, la tête la première, bref spontanéité totale.
Enfin presque, j'ai quand même lu une ou deux critiques avant, déplorant le fait que l'album était prévisible, et qu'injustement, mais c'est là un compliment pour Bowie, il devait être comparé avec les monuments de sa carrière qu'il n'effleurait apparemment même pas.
The next day m'a un peu prise par surprise. J'ai l'habitude de réécouter 5 fois un album de Bowie avant de pouvoir en dire quoi que ce soit (enfin, je n'ai pas tout écouté quand même). Ici, au bout d'une fois j'avais une idée précise de ce que je pensais. L'homme a perdu en mystère. Ce n'est plus le personnage opaque qu'il avait pu être autrefois.
La sincérité déborde alors de l'album, parce qu'ici quand Bowie fait mauvais, il fait vraiment mauvais (méga-frayeur sur les deux premières chansons), et quand il veut faire bon, il sort cette magnifique suite The Stars (are out tonight)-Love is lost-Where are we now? de sa manche, comme highlight de l'album, peut-être un peu tôt? Sans inquiétude, plus tard il y a aussi la suite Boss of me-Dancing out in space-How does the grass grow? pour nous tenir en haleine.
Et puis il y a ces chansons moches, If you can see me en tête, mais Bowie y va avec tellement de mauvais goût que c'est presque drôle. J'ai quand même cru que c'était Bono qui ouvrait la chanson, ça aurait pas été hors propos avec ces paroles pseudo-engagées, qu'on aurait pu apprécier à la limite dans un album de Talking heads après 1982. J'ai vraiment ri en entendant ça. Dirty Boys, I'd rather be high et Valentine's day suivent dans la médiocrité. (tiens, marrant Valentine's day me rappelle Road to nowhere de Talking heads).

Bref, c'est un album normal avec des ratés et des réussis.

Au final ce qui m'a surprise c'est de ne pas avoir été déroutée. J'ai compris pourquoi les mauvaises chansons étaient mauvaises. Elles participent toute d'une démarche artistique loupée (ou pop devient soupe et rock devient juste chiant). J'ai compris pourquoi les bonnes chansons étaient bonnes. Elles sont juste vraiment bonnes, point.
Bowie n'est plus ce génie de mystère qui pouvait dissimuler une très mauvaise chanson dans l'apparence d'une très belle. C'était un magicien.
Et ça ne l'est peut-être plus. Toute la nostalgie dégoulinante de Where are we now? semble indiquer qu'une période est révolue.

Ou le génie est-il de faire exactement ce que le public attend d'un musicien vieillissant, pour au final faire ce qu'il n'attend pas de Bowie?
L'illusion ne s'éteint jamais vraiment, j'y crois.

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