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The spark : Enter shikari devient plus accessible mais la passion demeure intacte.

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Avatar Florian Houdart
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La première fois que j'ai entendu et vu ce groupe anglais, c'était en 2007 sur MTV2 – Eh oui, il fut un temps où le rock avait encore sa place sur cette chaîne. Comme beaucoup d'entre vous, les tympans agressés de prime abord par un véritable mur de son, je me suis demandé qu'est-ce que c'était que ce machin tout en appréciant l'esthétique Do It yourself du truc.

Puis, j'ai redécouvert le groupe avec son deuxième album, Common Dreads, l'un des foutoirs les plus jouissifs qu'il m'ait été donné d'écouter, passant du coq à l'âne avec brio plusieurs fois dans la même chanson. Entre-temps, pas mal de fans de la première heure avait lâché la bande car celle-ci avait eu le bon goût de prendre grandement ses distances de la scène « core » à laquelle elle était auparavant rattaché.
Moi, en tout cas, j'y trouvais pleinement mon compte : punk, metal, dubstep, trance, indie rock, techno, spoken word et même jazz, le tout servi par un frontman qui manie différentes techniques vocales.
Après le groupe ne m'a plus jamais déçu, sauf peut-être le mixage un peu trop soft du pourtant survolté A flash Flood of Colours.
C'est donc plus de dix ans après leur premier album que je retrouve Enter Shikari, les pavillons grands ouverts pour accueillir l'oeuvre la plus mélodique du groupe.

À l'instar du dernier Linkin Park, l'approche semble être de proposer une musique joyeuse en apparence pour mieux exorciser des traumas profonds. Mais à l'inverse du groupe californien qui a encore perdu un peu plus de son identité dans l'exercice, Enter Shikari reste Enter Shikari.

L'écart stylistique qui sépare cet effort du précédent, The Mindsweep, n'est pas si grand que celui qui existait entre Take to the skies et Common Dreads. Quelques screams et gang vocaux subsistent de manière très éparse, souvent mixés en arrière-plan, comme un élément du paysage. Si la voix baryton de Rou est ici mieux exploitée que jamais, les chants mélodiques plus haut perchés ne sont néanmoins pas absents pour autant. En fait, c'est le dosage de tous les éléments propres au groupe qui est différent. Ici, les arrangements se font pop rock et permettent ainsi à la formation d'étendre encore plus le spectre de ses influences sans trop désarçonner le nouveau public qu'elle cherche à conquérir.

Désormais plus post-punk que post-hardcore, le quartet fait la part belle aux ambiances planantes créées par les synthés tandis que les riffs de guitare, moins proéminents, peuvent parfois évoquer ceux que l'on entendait dans les années 80.

Ainsi sur The Revolt of the Atoms, plage sombre et inspirée, on croit assister à un purgatoire musical où seraient convoqués la ferveur incendiaire des Clash et la transe hypnotique d'un Killing Joke.

Mais comme le dit Rou dans la magnifique plage de clôture, An ode to lost jigsaw pieces, à propos des disparus chers au chanteur, I miss them like the majority of modern mainstream music misses. Au-delà de la métaphore, c'est aussi avouer à demi-mots que le passé musical a constitué une belle source d'inspiration pour le groupe. Par ailleurs, cet hymne en deux mouvements est sans conteste l'un des meilleurs jamais composé par le groupe.

Une nostalgie que l'on retrouve également sur *Undercover Agent*s qui nous sert de l'electro très 90's, proche de ce que l'on trouvait sur The Zone, pour évoquer à quel point les réseaux sociaux ne remplaceront jamais les véritables moments de partage entre amis. Dansant et convaincant.

Certes, les arrangements pop rock ne prennent pas toujours aussi bien. Ainsi, le premier véritable morceau de l'album, The sights, s'il est loin d'être mauvais, nous recrache des sonorités électro déjà entendues sur No sleep Tonight et nous abreuve de Oh Oh plus encore que ne le ferait 30 seconds to mars.

Mais comme pour se faire pardonner ces gimmicks, le groupe n'a pas oublié de nous gratiner de déferlantes de rythmes sur Take my country back, un cri de guerre adressé aux néocons, ni d'expérimentations complètement délirantes avec le grime-rap-rock de Rabble Rouser et son falsetto mémorable.

Au final, on passe encore une fois un très bon moment en écoutant la dernière sortie des Enter Shikari. À notre époque où même le rock est devenu hyper-consensuel, écouter un groupe qui raconte de véritables histoires au travers de ses chansons et qui prend à chaque fois le risque de l'innovation musicale est quelque chose qui fait du bien.

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