The Grandest Stage of Them All

Avis sur The Stage

Avatar EddieLcq
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On ne l'a pas vu venir. Le moins que l'on puisse dire au sujet de The Stage est qu'il n'aura pas bénéficié d'une com' très virulente, pour ne pas dire inexistante. Avec encore un nouveau changement de batteur à la clé, l'expérimenté Brooks Wackerman (Ex-Bad Religion) prenant place derrière les fûts.

C'est donc de manière surprenante que The Stage paraît au mois d'octobre 2016 alors qu'il fût annoncé pour décembre. Soit le groupe était pressé, soit ce sont de sacrés bouts-en-train. Mais parlons musique. Après différents atermoiements avec son label, le groupe sort enfin son septième album, succédant à un Hail to the King décrié pour ses différents plagia.... hommages aux vieilles gloires du metal. Néanmoins il avait démontré la capacité du groupe a nous sortir un heavy metal carré et costaud.

Mais "carré" ne fait pas vraiment partie du vocabulaire d'Avenged Sevenfold qui nous a habitué à un son assez fou et démentiel depuis Waking the Fallen (2003). Les américains possèdent une vraie signature et proposent une musique très décousue mais cohérente dans leur approche stylistique. A ce titre, il convient de saluer le boulot monstrueux de Synyster Gates, véritable virtuose au jeu très subtil sans que cela s'apparente à de la branlette de manche sans saveur. Il convient de saluer la voix rocailleuse et extrêmement "malléable" de M. Shadows qui ne cesse de mélanger puissance vocale, variations de tonalités et phrasé plutôt incisif. Et enfin, que dire de l'apport de Brooks Wackerman, batteur de renom dont le jeu rapide et précis colle parfaitement au style des californiens.

Voilà la recette du groupe, qui trouve sur The Stage, sa pleine mesure. C'est juste délectable. Ce dernier album s'ouvre avec son titre éponyme qui sera très certainement un classique en live, et d'ores et déjà un des meilleurs morceaux jamais composés par Avenged Sevenfold. Titre de plus de 8 minutes, premier single, chanson d'ouverture; le pari était osé. Mais nous sommes en présence d'une formation jeune et extrêmement talentueuse qui possède déjà une expérience solide du métier. L'adjonction de tout ces paramètres font que l'épreuve est réussie avec brio. Prestation ahurissante de M. Shadows au chant dont certaines lignes font penser à du Bruce Dickinson, ce qui ne peut que constituer une bonne référence. Les riffs sont justes, liés à de superbes leads et soli qui portent cette fois-ci la marque du groupe. Plus besoin de plagier!

"Paradigm", "God Damn", "Angels", "Roman Sky". Autant de compositions solides, finement travaillées et efficaces qui jalonnent ce disque. On sent un groupe libéré qui n'a pas oublié le moindre détail. Chaque titre dispose d'une ambiance différente: une hargne contestataire ("Sunny Disposition"; "God Damn"), une complainte intimiste ("Roman Sky"), des tons mélodiques contrastés ("Simulation", "Fermi Paradox"). On note même une certaine similitude avec Muse dans "Higher" ! Ce n'est pas anodin, on pourrait considérer aujourd'hui que le groupe britannique est son pendant dans le Rock. Il n'empêche que l'identité d'Avenged Sevenfold reste plantée comme un panneau indicateur. Réglé comme une horloge, cet album ne laisse pas de place à l'erreur, à la faute de goût, à la note de travers, au remplissage éhonté. Les textes répondent également présent à ce devoir d'excellence, la plupart évoquant le marasme que constitue la société actuelle, face aux problématiques de notre monde (la technologie, la religion, la mort...). Le tout avec une plume qui mérite toutes les louanges.

Mais, si on veut être tatillon, comme semble l'être le groupe, on pourra juger cet album "trop" propre. Un bloc fait d'un matériau précieux, froidement façonné. En effet, si toutes les pistes qui constituent la galette s'avèrent jouissives à leur manière, on ne note pas vraiment un titre qui sort du lot par rapport à un autre hormis celui qui sert d'ouverture. Peut-être le ressenti aurait-il été différent si la chanson éponyme avait été glissée au milieu de l'album.

The Stage referme son rideau avec un morceau fleuve de 15 minutes: "Exist" qui est un nouveau prétexte à l'expression du talent des américains. A l'image du groupe: novateur, fou mais à la fois si minutieux et cohérent dans sa manière de parler le Heavy Metal. Le Heavy Metal moderne dont Avenged Sevenfold peut, sans vanité, s'en adjuger le leadership et être le garant de sa pérennisation.

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