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The Unforgettable Fire par FlyingMan

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Avec le succès de War, le groupe aurait pu continuer sur cette lignée. Mais U2, même si je vais faire hurler leurs détracteurs, ont toujours eu le don de se remettre en question et d'innover au bon moment ! Après la première trilogie pop-punk produit par Steve Lillywhite, U2 s'en va à la rencontre de Brian Eno (et son pote Lanois), pour aller plus loin dans les sons atmosphériques, même si ce dernier accepte avec les pieds de plombs.

U2 a envie d'apprendre énormément du producteur de la sainte trilogie berlinoise de Bowie. Il lui laisse carte blanche et ce dernier va abuser en expérimentation. Le ton est donné dès A Sort Of Homecoming. Bono emmène l'auditeur au travers de divers paysages. Tant imagés que sonores ! Le morceau d'ouverture est une réussite et représente le mieux la collaboration U2 / Eno. Parce que faut dire qu'ils avaient certaines craintes. Leur premier numéro 1, Pride était un peu leur bouée de sauvetage si leur nouveau style n'avait pas touché les fans. Un tube reposant sur un Bono rageur et poussé à se donner vocalement à 200% (ce qui n'est plus trop le cas aujourd'hui, faisant vieillir le titre forcément terriblement). Il aurait pu être sur War, il fait finalement office de passerelle avec la nouvelle trilogie des irlandais.

Le second single, The Unforgettable Fire, surprend par son ton théâtral et un Bono en falsetto, enrobé de l'atmosphère sonore typique Eno. Le voyage reprend !
Pas besoin d'escalader de grandes montagnes pour se sentir dépaysé. Une simple ballade sur la côte irlandaise avec sa femme suffit, c'est le cas de Promenade. Morceau empreint d'une magnifique atmosphère tout en restant simple ! Il reste cependant frustrant qu'il fut sous-exploité au vu de son incroyable potentiel.

En fait U2 est toujours d'une part pressé sous le contrat d'un album quasi par an (et U2 ne sont pas les Beatles), et en plus Eno joue toujours plus la carte de l'avant-gardisme. Il aime les morceaux bruts, et qu'ils ne soient pas terminés est le cadet de ses soucis. Ca me dérange pas quand c'est bien fait (A Sort Of Homecoming), mais ca peut être aussi complètement inutile comme 4th Of July, petit bœuf entre Edge et Adam enregistré à leur insu, voir un ratage complet comme ce Elvis Presley And America. Un titre sans aucun lien avec les paroles, et mélodiquement nul. Le pire c'est que ce truc est le morceau le plus long de l'album, alignant 6min30 ! Bref Eno s'invite énormément sur l'album comme sur Indian Summer Sky nous rappelant bien trop son travail avec les Talking Heads ! Des limites franchies que U2 lui imposera plus tard heureusement.

The Unforgettable Fire est l'album le plus inégal de la carrière du groupe. On a la fois du très mauvais et en même temps, la crème de la crème. Comment ne pas être toucher par Bad ? Pour moi la meilleur chanson de U2 des années 80 ! Une atmosphère dantesque qui se verra décuplée en live par un Bono n'hésitant jamais à l'allonger pour notre plus grand plaisir, et même si c'est devant un milliard de téléspectateurs lors du Live Aid !

Heureusement, le bon prend le pas sur le mauvais faisant de The Unforgettable Fire l'album qui va les catapulter et reconnu par ses pairs. Avec cet album, U2 lâche les amarres des docks de Dublin et s'en va traverser l'Atlantique ! Le début d'une nouvelle aventure...

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