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"Je fuis lâchement cette main qui me pousserait enfin dans le vide de cette vie consumée..."

Avis sur Un jour sans lendemain

Avatar Dandy Travesti
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Le screamo, cette complainte torturée tellement dénigrée qui ne s'offre qu'aux oreilles qui s'y sentent sensibles. Est-ce bien supportable d'entendre une voix hurler fébrilement tous ses maux sur de violents riffs de guitare ? Seulement quand c'est bien fichu.

Parce que c'est difficile d'exprimer des paroles aussi torturées sans hurler la douleur procure les sentiments qui en émanent car naître, vivre, mourir, c'est surtout souffrir. Et sans aller jusqu'à poser des vers Baudelairien, Mihai Edrisch donne tout de même sa version du Spleen avec ses mots, sa désillusion romantique tout en posant un itinéraire de la vie qui s'apparente à un chemin de croix. Ses détracteurs lui reprocheront sûrement des textes un peu adolescents, un vocabulaire trop simpliste pour être assimilé à la noble catégorie de "chansons à textes". Pourtant, après avoir écouté de nombreux groupe screamo/post-hardcore/metalcore et j'en passe, jamais je n'ai retrouvé cette verve sensible (et compréhensible) ailleurs que chez ce groupe lyonnais :
"Mon coeur fustigé par le noir, les larmes, le froid sur ma peau
À essayer de voir, d'entendre espoir, ébloui par des mots
Mais pourquoi déjà tant d'histoires? Pourquoi maudire tant d'espoir, accablé par leur force ...
Je suis déjà fatigué, déjà écoeuré par vos querelles et vos maux"

Naître. Voici sur quoi s'ouvre Un jour sans landemain. Et outre les paroles hurlante sortant de la voix torturée d'un certain Johan, les instruments accompagnent à merveille cette terrible complainte sur le mal de vivre. Que les britanniques, australiens ou américains adeptes de la complainte hurlantes peuvent soulager leurs cordes vocales, gueuler "fuck", "love" ou "pain" paraît si fade à côté de ces indies qui peinent pourtant à atteindre les 3.000 vues sur Youtube.

Une perle du Screamo trop peu connue, même des initiés, et c'est bien malheureux. Séparé depuis 2006, Mihai renaît, l'âme plus rongée que jamais sous le nom de Céleste dans tout ce que le screamo français peut avoir de plus sombre.

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