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I'm fucked

Avis sur Unknown Pleasures

Avatar Thomas Lhairaud
Critique publiée par le

Mai 2012, Biscarosse, France,

Après une dure année de travail scolaire presque terminée, mes parents décidèrent de m'emmener moi et mon frère de trois ans mon cadet en weekend à la mer pour passer un peu de temps en famille.
Le soleil est au rendez vous mais malheureusement plus pour longtemps. Donc me voilà coincé dans un mobil-home de 20 m² avec pour seule distraction la pluie coulant le long des carreaux et une connexion internet aléatoire (et je pèse mes mots) me permettant de me délecter de nouvelles découvertes musicales et là tout y passes du très bon au ridicule, du génie au paroxysme de la connerie humaine. Mais vient un moment où du plus profond de ma mémoire un nom résonne comme un murmure incertain, J... Joy.... Joy Vision ?

Non quelque chose de plus claquant. Joy division c'est ça je m'en rappel le groupe au chanteur épileptique qui s'est pendu ou quelque chose comme ça. Alors sans une ni deux je m'allonge les écouteurs bien enfoncés dans les oreilles, la lumière éteinte et je lance l'album au nom évocateur "Unknown Pleasure" dont la pochette me dit fortement quelque chose.
Dès les premières secondes la batterie au son très métallique me ramène à une époque que je n'ai pas connue: les années 80 et pour moi synonyme de kitsch et de productions novatrices à l'époques mais complètements dépassées à l'heure d'aujourd'hui (et le fan incontesté de New wave que je suis devenu s'en rappel avec beaucoup d'amusement) alors c'est avec un peu d’appréhension que je m'attends à recevoir un déluge de nappes de synthé dans les oreilles mais ..... il n'en est rien et même si ce premier titre ne me transcende pas plus que ça, je suis emporté dans cet univers brumeux et industriel qui me pousse à poursuivre ma découverte de l'album. Le deuxième titre "Day of the lords" commence et laisse place à un rythme beaucoup plus lent, à une basse omniprésente appuyée par la voix gutturale de Ian Curtis presque (Carrément) inquiétante et à une guitare semblant annoncer l'apocalypse. Ensuite les morceaux s’enchaînent "Candidate", "Insight", toujours la même recette glacial, sombre et introspectif. Jusque là l'album m’intéresse mais rien de transcendant jusqu'à... "New Dawn Fades" et là je me rend compte que j'ai trouvé quelque chose de précieux, que je suis entrain de vivre une expérience musicale et sensitive qui me marquera à jamais, que je n'écoutes pas un simple album composé par quatre Mancuniens en manque d'activités parallèles à leur travail à l'usine, mais bien un témoignage de la détresse humaine, le témoignage d'un lieu et d'une époque, le béton à perte de vue, la menace de la politique Thatcherienne et les souffrances affligées par un avenir incertain. A partir de ce morceaux l'album prend une tout autre perspective, plus viscérale, plus intimiste, j'ai vraiment l'impression que ces jeunes anglais ne peuvent être plus sincères et que quoi qu'ils aient voulu exprimer le résultat aurait toujours été aussi sombre et désabusé. "She's lost control" à l’atmosphère électrique et frénétique suivi par "Shadowplay" tout aussi frénétique font passer l'album de la désolation à la rage, la colère refoulée qui ne sort jamais mais que l'on peux ressentir comme les craquements de la glace prête a céder sous vos pieds et ainsi jusqu'à "I Remember Nothing" après être passé par "Wilderness" et "Interzone" deux morceaux à mon sens moins rageur mais tout aussi frénétique. "I Remember Nothing" et sans même jeter un coup d’œil à ma playlist je peux deviner que la fin est proche. Apogée en terme de macabre l'album se fini ainsi sur ces sons de débris jetés au sol et je me demande ce qui m'est arrivé et combien de temps suis je resté allongé les yeux grands ouverts la bouche béante depuis la fin du dernier morceau ? Et oui depuis ce jour je ne jure que par cet album qui fut fondateur pour moi et nombre de musicophiles. Mais malgré tout, bon nombre de gens déclarent passer complètement à coté de ce chef d'oeuvre et je pense que cette disparité auprès du public résume plutôt bien le phénomène Joy Division, celui d'une musique se révélant primordiale pour certaine personnes et complètement dénuée de sens et d’intérêt pour les seconds (et des supers T-Shirts pour les troisièmes ;) ). Il est également importent de nommer Peter Saville designer attitré de la factory records et artiste qui semble totalement dénué de mauvais gout et doté d'un sens de l’esthétisme considérable, ayant signé la totalité des pochettes de Joy Division et New Order ( Pas du tout sur de ce que j’avance donc les preuves du contraire sont les bienvenues).

Donc pour conclure je dirais que cet album et l'oeuvre de Joy Division dans son intégralité est pour moi une pièce fondatrice et que bien loin de toutes ces productions gothiques que son style aura inspiré le groupe ne se complaît jamais dans la noirceur et à aucun moment nous avons l'impressions d'entendre un groupe se lamenter sur son propre sort s'enfermant dans cette spirale du mal être, mais plus comme une tentative désespérée de son chanteur de sortir la tête de l'eau et de s'échapper de cette vie qu'il n'arrive visiblement pas à apprécier entre les problèmes de couples, les crises d'épilepsies et la dépression qui se terminera le 18 Mai 1980 dans sa maison de Macclesfield où il est retrouvé pendu dans sa cuisine, privant ainsi le rock d'un de ses plus grands poètes, paroliers et maître de cérémonie.

"In loving memory"

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    Avec : The Stone Roses, Unknown Pleasures, Raw Power, Nowhere,

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