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Ombre Post-Punk

Avis sur Unknown Pleasures

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15 juin 1979. Unknown Pleasures vient envahir la sphère musicale en pleine transition entre la fin des seventies punk et le début des eighties pop. Ian Curtis n’a alors plus que 11 mois et 3 jours à vivre. La mort qui guette la figure de proue de Joy Division hante cet album qui vacille, telle une toile de Rembrandt, entre ombre et lumière.
Dès les prémices de l’album, sur Disorder, toute l’essence du son Joy Division se dévoile : La rythmique résolument punk animée par cette batterie étouffée, qui semble amorcer celle de Lol Tolhurst des Cure, où les caisses submergent les cymbales. La basse sombre, envoûtante, enivrante. La guitare claire, lumineuse et survoltée. Les nappes de synthétiseur qui semblent sorties tout droit de l’esprit génialement malade de Brian Eno. Et surtout, cette voix de crooner désabusé qui occupe tout l’espace tout en restant vaporeuse, à la manière des nuages des tableaux de Turner.
La voix de Curtis se veut tantôt mourante, symptomatique de la dépression cold wave déjà en marche, tantôt animée de la rage punk. Elle cristallise le mal-être de sa génération tout en annonçant celui des générations futures, en particulier celui des artistes de la génération X pendant les nineties, Kurt Cobain en tête. Elle berce ces odes distordues, hantées et lancinantes notamment Candidate et I Remember Nothing où les canons et les échos de voix accompagnent les nappes de guitare évanescentes et où la basse prend une place plus importante, atteignant son paroxysme sur New Dawn Fades, où elle devient le véritable support de la guitare rauque et agonisante de Bernard Sumner.
En réalité, tous les instruments sont en symbiose pour mettre en exergue le timbre caractéristique de Curtis. La distorsion et les triturations de guitare, qui semblent évoquées les ondulations de la mythique pochette, accompagnent les explosions de voix de Curtis sur les chansons plus punks de l’album comme She’s Lost Control ou encore Interzone, où on peut même apercevoir les prémices de la saturation grunge tout en alternant avec des envolées de guitare, notamment sur Shadowplay, évoquant Townsend, et des riffs dignes des Sex Pistols.
Unknown Pleasures n’est finalement que le chaînon manquant, le lien invisible entre l’énergie, la haine animale de la rébellion punk et la dépression, la noirceur du mal-être cold wave.

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