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Walking Cloud and Deep Red Sky, Flag Fluttered...

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chronique écrite en 2004..

Avec ce nouvel album de Mono, produit par Steve Albini, rarement une entrée en matière aura été longue à se dessiner : 3 ' pour que le silence devienne musique. La suite ne sera qu'une longue montée réduite à sa plus simple narration jusqu'à l'explosion brutale des guitares. Mono semble vouloir étirer le temps à son maximum (le morceau s'appelle 16.12 mais en fait quand même 5 de moins) respectant à la lettre les figures habituelles affublées au genre "post-rock" mais de manière minimaliste, comme une nouvelle traduction du "Less is more". Ces éléments étant mis à plat (on peut comprendre le concept tout en le trouvant un poil ennuyeux), Mono peut enfin broder sa musique, tricoter ses guitares, trouver le son lead qui touche. Plus précisément, Ode devient avec eux un trio (pour guitare, violoncelle et piano) épidermiquement émouvant. Comme avec Sigur Ros, le temps semblera figé sur Mere your pathetique light, les cordes finissant par tisser un paysage abstrait. Sur Alcyon, elles servent à redoubler l'intensité donnant sa superbe mais aussi une grandiloquence un peu clinquante au morceau. Et Lost snow pourra être considéré comme une des réussites majeures du genre à l'instar du meilleur de Godspeed You Black Emperor (un autre combo intellectualiste du rock). Les Japonais vont très loin dans le dynamitage pur et simple du son, aidé sans doute par un Steve Albini, tout heureux de pouvoir péter comme au temps de In Utero. La fin arrivera avec des maux de têtes, les yeux qui brillent mais aussi une certaine sérénité retrouvée autour d'un piano (A thousand paper cranes). Même si l'on peut lui trouver des défauts et des trop pleins d'esbroufe, cet album au nom en forme de dicton est une Œuvre à part entière et rien que pour ça…

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