Troisième album solo de l'immense Keith Richards, Crosseyed Heart permet au pirate de vraiment retourner en studio pour la première fois depuis 2005 (c'était avec les Stones) et il faut revenir en 1992 pour retrouver trace de son avant-dernier opus.
Si Keith n'a plus la créativité qu'il avait dans les années 1960 et 1970, il n'en reste pas moins un fantastique guitariste, et il revient ici vers ses plus fortes influences que sont le rock, le blues, la country mais aussi le reggae. Il s'accompagne d'un groupe talentueux (l’immortel saxophone de Bobby Keys est même de la partie!), l'accompagnant à merveille tandis qu'il propose 15 chansons teintées d'émotions et de sincérité. Il se montre émouvant et signe même quelques chansons plutôt mémorables.
Alors oui, l'oeuvre est plutôt inégale, certaines chansons manquent clairement de créativités, de puissances ou encore d'émotions (Heartstopper et Something for Nothing notamment), ce qui est vraiment dommage car à côté de ça, il démontre qu'il est toujours vivant musicalement et qu'il ne faut pas l'enterrer. On a parfois l'impression qu'il évoque sa vie, parlant de romance mais aussi d’amour perdu ou encore de trahison, alors qu'il met en place une ambiance vraiment bluesy, souvent prenante et notamment lorsqu'il sort la guitare acoustique.
L'ouverture bluesy et old school est un régal, et il se montre particulièrement émouvant lorsqu'il chante Lover’s Plea, Robbed Blind ou encore Nearness Of You, qu'il chante avec Norah Jones. Love Overdue et sa superbe section cuivre, la ballade Illusion ou encore Blues In The Morning font clairement partie aussi des meilleurs titres de l'album, montrant un Keith Richards qui a encore sa voix, et qui sort ses tripes pour jouer avec émotion.
Loin d'être un album majeur, ce nouveau opus solo de Keith Richards nous envoie à ses origines et racines pour y entendre ce qu'il sait faire de mieux, et jouer de plusieurs instruments avec passion, sincérité et talent.