John Zorn – Naked City – (1990)
Dès ce premier album nous sommes plongés dans une sorte de perplexité puisque l’album est signé John Zorn et non pas « Naked City » du nom de la formation. Ce genre de petit problème va être récurrent tout du long, je vais essayer de les désigner sans entrer dans la complexité des détails, ce qui ne servirait à rien…
L’album est constitué de ce que Zorn appellera des « miniatures hardcore ». Neuf d’entre elles qui sortiront sur l’album « Torture Garden », du groupe Naked City, sont présentes ici. Trente-trois autres sortiront plus tard sur l’album « Grand Guignol » de quatre-vingt-douze, ainsi se diluera l’album « Torture Garden » ...
Ce premier versant des miniatures est déjà impressionnant, la version vinyle n’est toutefois pas complète, il manque trois titres qui ne se trouvent que sur le Cd. Côté musique c’est du tout bon, à l’écoute on comprend la folie « Naked City » qui s’empara des âmes, c’est tout simplement époustouflant, nous sommes embarqués dans un immense tourbillon qui vous transporte sans coup férir…
Du hardcore et du vrai, mais à la sauce Zorn, on ne se prend pas au sérieux, bien que tout soit cuisiné aux petits oignons, dans les moindres détails, une nouvelle fois Zorn éblouit, il compose de courtes pièces, formées de courtes phrases qui s’articulent entre elles de façon extrêmement complexe, de telle façon que l’on se prenne le « truc » sans même s’en apercevoir, l’impression d’être groggy debout, assommé.
Il y a même une fantastique version de « Lonely Woman » qui vous arrive sur un coin du crâne, et vous laisse tout ébaudi. Il y a comme ça d’autres reprises, « The Sicilian Clan » de Morricone, « Chinatown » de Goldsmith ainsi que « The James Bond Theme » de John Barry, sans citer le « Batman » qui ouvre l’album…
Voici donc le premier chef d’œuvre de la série, avant « Masada » qui galopera vers d’autres territoires...