John Zorn – Through The Looking Glass – (2025)


Et voici le tout dernier album de Chaos Magick, le sixième effort, arrivé avec le printemps, la pochette est couleur argent, avec un effet miroir dans lequel on peut se voir, ou se deviner plutôt. Les quatre sont là, au complet, Medeski à l’orgue, Marsella au Fender Rhodes, Matt Hollenberg à la guitare et Kenny Grohowski à la batterie.


La première pièce de plus de dix-huit minutes « Nine Secret Crossings To The Eternal Repetitions Of Existence » est la plus imposante de l’album. Ce dernier n’étant pas bien long, elle en constitue, à elle seule, la moitié. Elle nous propose un jazz-rock finement exécuté et savamment mis en place. Le duo des claviers est monstrueux et Hollenberg avec sa guitare ressuscite des sons psychés et bluesy.


Il y a pas mal d’énergie qui est envoyée, mais on descend encore d’un cran par rapport à Simulacrum, même si le côté anguleux, avec des virages à quatre-vingt-dix degrés, est toujours présent. Une impression planante est néanmoins maintenue au fil de la pièce, ce qui lui octroie une face attachante et addictive.


« The Pentacle of Albucius » qui poursuit l’aventure sonore est plus atmosphérique, évanescent, les claviers murmurent gentiment des airs doux qui calment et reposent, la guitare participe également à ce semi-rêve éveillé qui nous berce, c’est la batterie de Grohowski qui maintient une certaine énergie, un groove qui envoie et stimule. On goûte les impros qui s’activent et nourrissent la pièce vers des directions multiples…


« A Tear in Time » est la pièce la plus courte, on garde cet esprit « jam improvisée » qui parcourt cet album, mais cette fois-ci les rythmes s’accélèrent, et remontent les réussites des années soixante-dix autour d’un jazz-rock vif et saccadé, on peut penser à Mahavishnu ou encore à Herbie Hancock, mais c’est Zorn et ce n’est pas mal non plus ! La seconde partie de la pièce est plus calme, comme si se conjuguait ici l’union de la première pièce de l’album et de la seconde.


C’est bien sûr trop court, pourtant absolument excellent, ce qui compense, mais le support pourrait, aujourd’hui, supporter le double de musique et, forcément, nous, pauvres auditeurs, sommes au courant ! Zorn est si prolixe qu’il n’aurait pas de mal à fournir un peu plus de thèmes à mettre dans nos rêves…

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le 18 août 2025

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