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Arte, le manga qui vous allume

Avis sur Arte

Avatar Anvil
Critique publiée par le

Le titre du manga donne déjà le ton : Arte – art en italien – va nous parler d’art, plus précisément du champ artistique italien sous la Renaissance. C’est aussi le prénom de l’héroïne de l’histoire : née dans une famille aisée, Arte, 16 ans, est passionnée par le dessin. Si cette passion est bien vue et encouragée par la figure paternelle, sa mère a une vision bien différente : le dessin ne peut être qu’un passe-temps, rien de plus. Le véritable objectif est celui du mariage. Aussi quand le père d’Arte meurt sa mère décide de brûler tous les dessins de sa fille. Un geste que cette dernière n’apprécie pas et qui la décide à prendre son envol : elle quitte la maison et, ses dessins sous le bras, va proposer ses services comme apprentie aux ateliers de peintres de Florence. 18 ateliers pour 18 refus, toujours pour la même raison : a-t-on déjà vu une femme peintre ? La prendre, ce serait porter atteinte à la réputation de l’atelier.

Le dernier refus la met néanmoins au contact de Léo, jeune artiste qui a ouvert son atelier il y a peu de temps. Contrairement aux autres il accepte de regarder ses dessins et après un test plutôt corsé, elle entre comme apprentie. Plutôt bourru et souriant peu, Léo va se découvrir peu à peu et se différencier des autres hommes croisés jusque-là, notamment par son passé et son attitude vis-à-vis d’Arte. Elle est donc entre de bonnes mains et au bon endroit pour assouvir son ambition : vivre de son art, d’être autonome et non sous la dépendance d’un homme. Être entretenue ce n’est pas pour elle !

Le manga nous propose ainsi d’en apprendre plus sur le métier d’artiste à l’époque, le cursus à suivre, le fonctionnement d’un atelier, la division du travail en son sein (qui n’est pas sans analogie avec le fonctionnement d’un studio manga), les manières de peindre, les systèmes de commandes, les occasions d’en apprendre plus sur le corps humain afin de mieux le dessiner (n’ayez pas de mauvaises pensées : je parle des autopsies, pratiquées pendant le carnaval alors que l’Eglise est plus tolérante sur le sujet et ferme les yeux…).

Outre ce métier, la condition féminine est aussi sur le devant de la scène, où l’on nous explique ce que devait savoir faire une femme à l’époque, que l’éducation suivie était moins approfondie que celle des garçons vu qu’elle n’avait pas la même finalité : il s’agit surtout de faire des jeunes filles de futures femmes de maison, qui devront plaire aux hommes pour se marier (ne pas oublier la dot) et mener une existence proche de celle de l’oiseau en cage. La mère d’Arte est en plein dans cette manière de faire (« Pour une femme le bonheur réside dans le mariage ») et souhaite le meilleur pour sa fille. Alors que son mari vient de mourir – et que les femmes n’héritent de rien – on comprend assez vite que la mère d’Arte doit faire face à pas mal d’incertitudes et qu’elle risque de se retrouver sans rien. Un point que semble ignorer, pour le moment, Arte. Il fait donc peu de doutes que la mère et la fille se reverront et que la seconde réalisera certaines choses, même si cela devrait renforcer un peu plus encore sa détermination. Sa rencontre avec la courtisane Veronica – mécène de Léo – est aussi l’occasion pour Arte d’ouvrir un peu plus les yeux sur ce qui se passe autour d’elle.

N’en déduisez pas pour autant que la jeune fille est lente à la détente. Elle apprend vite, retape la chambre que lui avait octroyé Léo, et monte les échelons dans l’atelier au point de se voir confier sa première commande dès le tome 1 ! Une commande adressée par Veronica, ce qui permet aux deux femmes de se voir, à la première de prêter des livres à la seconde…

Si Léo est sans aucun doute un clin d’œil à Léonard de Vinci, il faut toutefois reconnaître que la rigueur historique est moins mise sur le devant de la scène que dans Cesare (et cela se retrouve aussi dans les propos). Si Arte croise la route d’un autre apprenti, Angelo Parker (Angelo sans doute par référence à Michel-Ange mais pourquoi Parker ?) et que l’on se doute qu’un triangle amoureux risque de se former (Arte est amoureuse de Léo et Angelo n’est pas insensible au charme de Arte), Kei Okhubo affiche la volonté de proposer un cadre qui respecte l’époque mais qui ne soit pas un obstacle à son récit. Cela tombe bien car l’équilibre trouvé n’est pas du tout désagréable et au détour des pages on en apprend un peu plus sur la vie quotidienne à Florence, chez les personnes aisées comme chez celles qui le sont moins.

Un seul petit bémol à signaler : pour un manga parlant d’art j’ai trouvé que les dessins d’Arte, ce qu’elle peut réaliser, voire les productions des autres artistes, étaient peu mis en avant. Sans doute en verrons-nous plus par la suite, notamment avec la première commande d’Arte. Même le paysage de Florence qu’elle doit réaliser pour intervenir sur le dessin de Léo est à peine entrevu.

Kei Okhubo, en revanche, ne cache pas son dessin (heureusement) et son style s’avère attractif, bien en phase avec l’histoire qui se déroule sous nos yeux. Les paysages et l’architecture s’affichent avec précision (même si on est moins emporté qu’avec Fuyumi Soryo), les personnages s’insèrent bien dedans en dépit de quelques visages dont les proportions seraient, parfois, à revoir. Rien de catastrophique. Surtout, les mines d’Arte nous séduisent vite et on se prend d’intérêt pour cette jeune fille, en voulant savoir comment la suite de l’histoire va se dérouler pour elle. Pour une première série on a affaire à une bien jolie réalisation. Du côté de l’édition, la couverture est agréable au toucher et le vernis placé sur Arte permet la mettre en évidence par rapport au reste de la couverture, ce qui est une attention appréciable.

A l’image de son héroïne, Arte, se révèle dynamique, avec une intrigue qui avance à un bon rythme et qui contient déjà pas mal de pistes pour les prochains tomes. Un bon début, qui nous donne envie d’en savoir plus sur la Toscane. Une invitation à un voyage à la fois artistique et culturel des plus appréciables.

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