Hommage à l'Italie et aux différences des peuples

Avis sur Astérix et la Transitalique - Astérix, tome 37

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Comme bon nombres de passionnés j'attendais ce moment de la sortie de ce nouveau tome avec impatience. D'autant plus que cela fait 40 ans cette année que René Goscinny à quitté ce monde. Je n'ai pas été trop déçu. Pour faire court le scénario Jean-Yves Ferri est dans la droite ligne de René Goscinny et ça fait du bien. Le dessin n'est pas celui d'Albert Uderzo et si le dessinateur, Didier Conrad reprend bien le style il à son propre trait de crayon, sans doute un peu trop moderne pour moi. Après ce n'est que mon goût personnel.

L'histoire commence au Sénat à Rome où le sénateur chargé de surveiller l'entretien des routes Lactus Bifidus est attaqué par un rival qui le trouve "peu actif". Pour prouver que c'est un mauvais procès il décide d'organiser une course du Nord au Sud de l'Italie. Tous les peuples du monde connu sont autorisés à courir par équipe de deux. Pendant ce temps là nos amis se trouvent à Darioritum (Vannes). Ils emmènent Agecanonix chez l'arracheur de dents Bioetix. Alors qu'Astérix reste auprès du doyen Obélix fait un tour sur la Foire Itinérante de l'Artisanat Celte (F.I.A.C.). Il tombe sur Pocatalitix, un vendeur de char et après qu'une voyante lui ai prédit une reconnaissance autre que dans le menhir armoricain, notre ami achète un char et décide de se lancer dans la course. Pour une fois il veut être le héros de cette aventure. Arrivés en Italie Obélix l'aurige et Astérix le co-aurige découvrent leurs concurrents. L'occasion de retrouver nombreux peuples chez lesquels nos amis sont allés, il y a les bretons, les goths, les grecs, les perses, les cimbres (danois), les normands (norvégiens ou suédois), les helvètes, des nouveaux venus les sarmates (russes), les lusitaniens, les étrusques (italiens), rebelles à Rome, mais aussi deux princesses kouch (africaines) et le romain avec son casque qui cache son visage. César trouve l'idée bonne ordonne à Bifidus de faire gagner le romain** Coronavirus. Nos amis partent donc de Modicia (Monza) pour aller jusqu'à Neapolis (Naples), affrontant les coups durs des romains qui déplacent les bornes en les envoyant par exemple voir la construction de Venexia (Venise)les pirates qui participent aussi à la course retrouvent leur élément naturel.

Si le scénario est bien trouvé je l'ai trouvé un peu trop linéaire. L'action est rapide, mais à vitesse quasi constante. J'ai également regretté un certain manque de camaraderie entre les gaulois. En revanche j'ai apprécié le message d'Astérix. Tous ces peuples qui participent à la course sont différents, mais doivent s'unir car ils ont un ennemi commun, l'impérialisme romain qui veut les dominer. Ce qui fait penser dans une certaine mesure à la fois à l'impérialisme américain actuel et aux théories nazies d'échelle dans la supériorité des races (les germains, les scandinaves et anglo-saxons, les latins et le reste du monde). Les auteurs parlent également de la triche dans le sport, de l'argent public détourné, de l'idolâtrie irrationnelle populaire à l'égard des sportifs ainsi que du "marketing" publicitaire. J'ai également apprécié le début du retour des détails. Tout comme Keno Don Rosa, Albert Uderzo mettait souvent pleins de détails comiques dans ses cases. En voyant un cheval des pirates, borgne comme Corne de Bouc j'ai trouvé le détail amusant. Tout comme j'ai trouvé amusant les chars des concurrent. Stéréotypes évidement mais drôles, ainsi le coq gaulois, la morue pour les lusitaniens, l'ours pour les cimbres, la tête de mort casquée pour les goths, le lion victorien pour les bretons, ... .

Les jeux de mots et les les blagues sont bien insérés comme au temps de Goscinny, drôles, ainsi les princesses kouch Toutunafer et Niphéniafer, les lusitaniens Pataquès et Solilès, les grecs Calendos et Purmérinos, les cimbres Zerogluten et Betakaroten, les normands Ripilaf et Trodtaf, les bretons Madmax et Ecotax, le sarmate Ogouguimov, sans compter tous les romains comme Mozzarella. A noter la présence des sarmates représentant la Russie ou plutôt l'U.R.S.S. ses auriges jurant

"Par Marx"

J'ai d'ailleurs adoré ces sarmates et les koush et pose la question à quand un voyage dans ces pays là, voir même en Lusitanie où ils ne sont jamais allés. Il y'a aussi la présence du "garum", mélange de viscères de poissons fermentés, dont raffole les romains et Ordralfabétix.

"nous faisons partie de sa collection de Cimbres."

C'est aussi un hommage à l'Italie, à la diversité de ses peuples. L'Italie en comptait beaucoup du temps de Rome, étrusques, sabins, samnites, ligures, ... . Hommage à la pizza, au jambon de Parme, au vin, au pâtes avec les spaghettis, à des figures italiennes comme Bud Spencer, Léonard Vinci, Sophia Loren, Luciano Pavarotti, et même **La Joconde. Hommage également au quadruple Champion du monde de Formule 1, Alain Prost. Mais je vous laisse les reconnaître.

En résumé l'histoire est drôle et c'est un bel hommage à l'Italie. Même si le duo est loin de la qualité des albums des créateurs, ils font mieux que ceux signés seulement par Uderzo, qui à toujours reconnu sa faiblesse scénaristique.

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