Le vide absolu

Avis sur Before Watchmen : Le Hibou

Avatar Romain Bouvet
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Dans les années 1940, Hollis Mason était le Hibou, mais une dernière enquête et le poids des ans ont fini par le pousser à une retraite méritée. Mais, peu avant cette grave décision, Hollis a fait la connaissance d’un garçon ingénieux du nom de Daniel Dreiberg, qui a su percer à jour le secret de sa double-identité. Le prenant sous son aile, Hollis lui a confié tous les secrets de la lutte anti-crime et l’a formé afin d’en faire non pas son partenaire, comme il le croyait, mais son successeur. (Contenu : Before Watchmen : Nite Owl #1-4)

La genèse de cette minisérie prend forme durant l’enfance de Daniel Dreiberg. Histoire, pour JMS, de nous montrer un peu pourquoi ce héros est si mesuré, si renfermé plus tard, durant Watchmen. Enfant intelligent, très intelligent, bien au dessus de la moyenne, introverti, ce qui le met forcément à l’écart des autres, il vit comme fils unique avec son père et sa mère. Il se passionne pour le Hibou, et réussit par lui-même à découvrir son identité secrète !
Un père qui prend du plaisir à battre sa mère. Une violence sexuelle que son père n’hésite pas à afficher devant son fils. Daniel ne pouvant qu’éprouver de la colère contre son père et de la honte pour sa mère. Un soir, lors d’une séance de fouettage en règle le père de Daniel fait une attaque et sa femme décide de ne rien faire. Si ce n’est attendre qu’il ne meure avant d’appeler les urgences. La figure paternelle désastreuse de son père sera remplacée par celle d’Hollis Mason qui va le prendre sous son aile. Hollis cherche à l’aider mais aussi à en faire son successeur.

La suite de la minisérie se concentre sur le partenariat entre Daniel et Rorschach. A partir de ce moment là on a vraiment l’impression que le Hibou disparaît des écrans et que l’action et l’intérêt ne se reportent que sur Rorschach. Cette belle équipe a, en effet, vite du plomb dans l’aile. Si sur le terrain ils agissent de concert et bottent du méchant à foison, loin des regards cela ne se passe pas ainsi, et les désaccords se font de plus en plus réguliers et de plus en plus importants. Le Hibou ayant toujours davantage de mal avec les manières assez implacables et expéditives de son comparse. Si on essaie de nous dire que les deux personnages enquêtent tous les deux sur les agissements sordides d’un révérend peu scrupuleux sur la façon de faire respecter la parole divine, c’est surtout Rorschach qui cherche à mettre fin à ces tueries, en enquêtant seul, en le confrontant seul, en agissant seul et en résolvant l’histoire seul.
Pendant que certains bosses, les autres s’amusent. Le Hibou tombe sur la Dame du Crépuscule, une rousse sulfureuse et transpirant le sexe ! Cela dit, leur première rencontre a lieu tandis que cette femme, nue, fesse un homme nu et attaché, et semblant prendre à certain plaisir à se faire traiter de la sorte. Cette Dame du Crépuscule est simplement la responsable d’un réseau de prostitution semblant se spécialiser dans le sadomasochisme. A partir de cette rencontre la seule chose qui va compter dans l’esprit de notre héros c’est de mettre cette belle rousse dans son lit. Il est dès lors contrôlé par la braguette par la Dame du Crépuscule. La suite des aventures du Hibou se passant dans son lit !

Et il va en profiter, elle aussi, à la différence c’est que le Hibou va tomber amoureux. Sans doute parce que la Dame du Crépuscule est l’exact opposé de sa mère. Opposition entre la mère soumise, dévouée et bafouée et l’amante dominatrice, qui aime contrôler et à qui l’on se dévoue.
C’est navrant que l’intrigue autour du Hibou ne se résume qu’à une histoire de cul… Encore plus navrant de voir la partie sur Rorschach plus intéressante que sa propre minisérie…

Au niveau des dessins, je suis obligé de dire qu’Andy Kubert est en petite forme et ne me laisse pas une superbe impression. Bien au contraire. Trop de traits, trop brouillon par moment, trop peu de détails, de, trop de personnages pas beau. L’action est cependant bien rendue. Je retiens surtout le dernier de travail de Joe Kubert avant qu’il ne nous quitte pendant la parution de ce titre.

Bref, c’est chiant cette irrégularité entre les différentes miniséries de Before Watchmen. On a de l’excellent comme Ozymandias et du pourri comme Rorschach. Je vais mettre le Hibou dans cette dernière catégorie, pas pour les mêmes raisons que Rorschach qui était à des lieux du personnage, mais tout simplement car il ne se passe rien, car cela ne nous apporte rien. Aussi vite lu qu’oublié…

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