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L'enlisement d'un château de cartes

Il n’y a pas d’âge pour faire des châteaux de sable. Peeters et Levy se sont bien amusés, manifestement. Mais il ressort de ma lecture un sentiment de gâchis.

L’atmosphère de départ était pourtant excellemment posée, les dessins, notamment de paysages, très utiles à la mise en place d’une ambiance particulière, et inspirés de la célèbre plage fermée de Gulpiyuri, sont de grande qualité. On a des personnages confinés sur une plage, du fait d’un phénomène étrange : les auteurs nous proposent ainsi un récit intrigant mais pour lequel ils ne nous offrent au final pas de réponse. Il n’est pas toujours préférable de connaître le fin mot de l’histoire, mais à force d’attiser la curiosité du lecteur, on finit par créer en lui une frustration si on ne lui propose rien de concret. C’est ce qui se produit ici, l’attente n’est pas comblée. On apprend dans un entretien qu’une fin avait été écrite, mais qu’ils avaient décidé de l’enlever. Peut-être est-cela qui fait qu’on a des éléments qui au final ne servent à rien, et sont même contre-productifs puisque le lecteur en infère des hypothèses qu’il ne pourra pas vérifier. Au final, l’apparition du jeune José et les coups de feu ne servent à rien si ce n’est à embrouiller le lecteur. Si quelqu'un a compris le rôle de ces cases dans le récit, je veux bien un éclairage !

A cela s’ajoute un enchaînement d’événements un peu trop rapide, avec des personnalités des (trop) nombreux personnages pas assez fouillées : le récit avance trop vite sans que les auteurs en exploitent toutes les possibilités. Dans un entretien, Peeters explique que la bd était le medium idéal pour raconter cette histoire. Il a peut-être raison mais j’avais un sentiment contraire à la lecture de l’album : rien n’est fouillé, ça va trop vite, la réflexion sur la question n’est pas approfondie, là où un roman ou le cinéma prendraient davantage de temps. Car on sent ici Peeters contraint par le format : si la bd est bien écrite, on a l’impression d’être au théâtre, des personnages du groupe partent ou reviennent pendant qu’il se passe quelque chose : c’est très construit mais un peu trop artificiel, on doit revenir en arrière si on n’est pas trop attentif pour voir que tel ou tel personnage était parti ou revenu, et avec qui, etc. Bref, les cases sont trop remplies, bien que l’album comprenne cent planches !

La morale de l’album est très simple, voire simpliste, mais elle est exprimée à la fin à travers un joli conte raconté aux enfants par le Kabyle. Il n’est pas inutile de la rappeler, tant on n’est pas toujours capable de refuser l’urgence pour profiter convenablement du temps qui passe : carpe diem !

Bref, voilà un album qui m’a laissé sur ma faim, malgré ses qualités incontestables.

socrate
6
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