L'avis de 666Raziel sur la série (32 tomes)

Avis sur City Hunter

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Beaucoup de Shonen débutent de la même façon : un héros mystérieux, une femme dans son entourage, une note d'humour et un gros méchant prévu pour rester dans l'ombre le temps que l'histoire se mette en place.
Et beaucoup trop de Shonen dérivent de la même façon ; à savoir une suite de combats sans transition ni but autre que celui de remplir des pages. En outre l'humour qui passe définitivement à la trappe. Je veux pour exemple quelques séries tel que Dragon Ball, Kenshin le Vagabond, Samuraï Deeper Kyo ou Young GTO pour ne citer que les plus connues.

City Hunter est un Shonen. Mais un Shonen qui restera à jamais en marge du genre de par un élément très prononcé dans son développement : l'humour. Et à ce titre, je pense sincèrement qu'il tient autant du genre "comique" que "policier thriller".
C'est expliqué noir sur blanc dans une note de l'auteur des premiers volumes. M. Hojo (et son éditeur) prévoyait un avenir peu glorieux à la série si elle se cantonnait au registre des premiers chapitres. Aussi ce dernier a-t-il pris le pari de décaler son univers dans le burlesque le plus décalé qui soit. Un coup de massue (si j'ose dire) qui restera à la postérité.

En effet, City Hunter, dans le fond, c'est extrêmement basique. Vous avez une fille (toujours très belle et très pure dans son cœur) qui a des ennuis à cause d'un vilain garçon (toujours très méchant et rarement intelligent). Fort heureusement pour elle, il y a Ryo Saeba qui est là pour arranger tous ses ennuis.
C'est simple, répétitif, imprégné d'une galanterie aujourd'hui dépassée ; bref, pas de quoi tenir le lecteur en haleine sur 32 x 200 pages.

MAIS, mais mais ... il y a l'humour. Et quel humour ! Véritable parangon du comique de répétition, City Hunter se place à mes yeux sur le podium des œuvres littéraires comiques. C'est simple, à titre personnel j'ai ri aux éclats (parfois plusieurs fois) à chaque tomes de la période comique. Alors oui, tout tourne autour du mokkori et de ses fatales punitions mais la chose est faite avec tellement de soin, de diversité et de recherche, qu'à moins d'être totalement imperméable à l'humour touchant au bas ventre ou d'y voir là une dégradation de la femme et de la condition humaine en général, vous êtes obligatoirement séduits.
Outre cet aspect (certes prédominant) l'auteur ravit régulièrement avec des références toujours bien choisies ainsi que des petites séquences où la forme du manga rentre en interaction directe avec le fond.
Le sentiment final que l'on a après avoir lu les 32 tomes d'affilée, c'est d'avoir véritablement affaire à un travail de qualité.

Et sur une aussi grande période, c'est rare.
Pour résumer rapidement le rythme de City Hunter, on pourrait catégoriser les tomes ainsi :
2-3 premiers tomes : histoires "standards" : les protagonistes se mettent en place, une petite note d'humour est déjà présente mais pour l'instant étouffé par le ton trop sérieux de la série.
Jusqu'aux tomes 17-20 environ : vous avez là le corps principal de la partie comique de l’œuvre. Des histoires qui se suivent et se ressemblent mais chacune avec son événement qui vous ferra mourir de rire.
Période 17-22 : le retour des histoires "sérieuses" mais qui touchent cette fois-ci directement au background des personnages. Comme on a eu 20 tomes pour les apprécier et les découvrir, ces aventures sont très biens accueillies. La qualité de l'intrigue ne va pas chercher loin, mais apprendre des anecdotes sur ses "compagnons d'imagination" est toujours un ravissement.
23-28 : moment creux de la série je le concède. On a affaire à une sorte de gloubiboulga de romance, d'action et d'humour qui ne prend pas tout le temps. On sent que l'auteur commence à peiner niveau créativité et qu'une fin serait de bon aloi.
Et ça tombe bien puisque les derniers tomes seront consacrés à une intrigue plus ou moins globale qui viendra achever avec brio ces aventures.

Voilà. Pour finir cet avis j'ajouterai que les 3 tomes bonus sont en fait des recueils d'illustrations et d'interviews. Donc rien d'indispensable au lecteur.
En outre, si je conseille l'achat (malgré l'investissement important qu'il peut représenter) c'est parce que c'est un manga qui se relit très bien. Peut être pas trop fréquemment non plus, mais il y a du plaisir à prendre dans la relecture. En outre, les tomes peuvent se lire séparément très aisément.
Enfin, et c'est suffisamment rare (surtout chez cet éditeur) pour que cela mérite d'être souligné mais la traduction de City Hunter est vraiment excellente. Il y a quelques fautes de ci de là, mais les choix de traduction (ou non) qui ont été fait ainsi que les diverses notes explicatives adjointes sont tous excellents. Félicitation à Xavière Daumarie.

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