La rupture

Avis sur Code Apocalypse - Soda, tome 12

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Holala la belle daube ! Je me souvenais qu'à l'époque, déjà, j'étais un peu déçu, mais que je n'osais pas trop le dire, à cause de tout ce petit monde attendant impatiemment le prochain album, refusant l'idée que Tome et Gazzo puissent laisser tomber leur série. Ben le relire à un âge où j'assume la forme de mes crottes, c'est dévastateur !

Le scénario est faible. Tome n'a pas trop l'air de savoir où il va. En même temps, le scénario a été mis en hiatus pendant un moment si je me souviens bien de l'affaire, ce qui n'aide pas à parfaire l'écriture. En tous cas, il aborde deux intrigues très maladroitement (trois même si on considère cette redite en rapport à Mary qui veut encore une fois sauver un pauvre type de la peine de mort)

La première, une histoire digne d'une série B bien pourrave, avec des méchants hauts placés, si hauts placés qu'ils font tout eux-mêmes sans l'aide du moindre sbire... ils sont si hauts élevés qu'en plus, ils n'ont ni copains, ni femmes, ils couchent ensemble... Bon c'était marrant, mais dans le contexte de l'album, ça ne fonctionne pas trop, ça manque vraiment de personnages secondaires utiles à l'intrigue... Soda déjoue tout en un tour de main, parce qu'il est trop malin. Le coup facile du retournement de situation imprévisible pour le héros quoi, l'inverse de l'ironie dramatique. J'aime bien aussi la manière dont notre faux pasteur préféré va aller à son lieu de rendez-vous discrétos : il passe par les toits, descend par un tunnel d'évacuation de débris, s'accroche à un train en marche... ça aurait pu être fun, mais ça ne se justifie jamais, ni par le scénario, ni par le ton adopté.

Ben oui, le ton, malgré quelques notes d'humour un peu poussées, est franchement trop sérieux pour ce que ça raconte. Tome y ajoute même, sans peur, une pincée de discours politique bien naze, de quoi le pointer du doigt jusqu'à la fin de sa vie... Et puis tout va trop vite ! Comme d'habitude. Mais alors imaginez lorsque Tome décide de placer deux intrigues. Même si la première se clôt très vite.

Et justement, cette intrigue secondaire, en l'étirant un peu, aurait pu faire l'objet d'un chouette petit album en soi. Mais comme il faut se presser, aussitôt le conflit énoncé, il est résolu... Ce qui intrigue dans cette intrigue (ha), c'est le thème : Linda en a marre de devoir suivre Soda, elle voudrait se poser, roucouler, avoir son mec bien à elle quoi. Moi, ça m'a fait penser à ce qu'il se passait à ce moment-là entre les deux auteurs, en plein déchirement : Gazzo en a marre de devoir dépendre de Tome, de devoir attendre qu'il lui envoie ses pages de scénario au compte-goutte. Il hésite même à aller voir ailleurs... mais dans l'album ça finit bien, malheureusement (enfin, tout est relatif, parce que la pauvre Linda...) . N'empêche que, interprétations à part, c'est assez mal traité narrativement. Surtout que ça ajoute une romance dont la série n'a pas vraiment besoin... Une romance qui freine, comme trop souvent, la vraie intrigue. J'ai aussi bien rigolé de cette manière d'introduire ce triangle amoureux : c'est comme si Tome n'avait pas vraiment osé le faire parce qu'en l'état, cette séquence est à faire pleurer tant elle déborde de maladresses.

Y a Spip aussi, dans cet album. Et là, je n'ai vraiment pas compris. Jusque là, j'aimais bien les animaux de Pronzini, mais là vraiment, je n'ai rien trouvé de drôle, c'était un peu trop gros. Un manque d'inspiration encore.

Gazzo n'est toujours pas en forme. Bon, ça reste du bon dessin, mais ça manque souvent de décors et même ses tronches ne sont plus dessinées avec la même rigueur qu'autrefois. Faut dire que le découpage nuit parfois gravement au dessin (certaines vignettes (par exemple la planche trois est horrible, une si grande vignette pour un si gros plan, c'est du gâchis ; ou encore la planche 10, première vignette qui prend beaucoup de place pour pas grand chose, l'impression que ça aurait dû être un plan plus éloigné que ça au vu de ces dimensions ; la planche 34, Soda qui monte les escaliers, pouah !). Il y a aussi beaucoup d'effets de style un peu facile, comme ce noir sur les yeux, qui fait bien moche et même bien con car le reste ne suit pas vraiment. Niveau couleurs, Cerise s'en sort mieux, même s'il reste quelques fondus atroces.

Bref, c'est pas terrible du tout. Sans aucun doute le pire album jusque là. J'ai quand même décidé de redonner une chance au tome 13, en espérant qu'il soit meilleur que dans mes souvenirs, et meilleur que ce douzième opus.

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