Dragon Ball Super Déception

Avis sur Dragon Ball Super, tome 1

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Cette critique peut contenir des spoilers.

Et voilà! Un an après le Japon, la France a accueilli ce 4 avril 2017 la suite papier (non-direct puisqu'on omet ici le Tenkaichi Budokai où Goku rencontra Uub) des aventures de Goku & cie. avec le premier tome de l'adaptation de la série animée Dragon Ball Super en manga. Et pour la suite officiel de Dragon Ball Z (Dragon Ball GT n'étant pas canon), Akira Toriyama a laissé le crayon à un petit nouveau de l'industrie des mangas en la personne de Toyotarō, créateur du doujinshi Dragon Ball AF sous le pseudonyme de Toyble. En effet, alors que Dragon Ball Z est fini depuis plus de 20 ans, le créateur de la série n'avait plus l'envie et la force de se relancer dans de longues années de dessins et d'écritures. Il se contentera donc maintenant des scénarios, enfin officiellement, puisqu'en réalité il ne fait que conseiller, donner des idées à Toyotarō et est plus tourné vers la série animée dont le dessinateur s'inspire aussi grandement.

Et justement, Toyotarō remplit très bien ce rôle de successeur, en tout cas pour un premier tome, contrairement à ce qu'il affirme modestement dans la préface de celui-ci ("je suis passé du stade Satan [...] au stade Yamcha"). Il fait un bon travail, s'apprêtant très bien au style d'Akira Toriyama, surtout dans les séquences de combat. On va retrouver les traits caractéristiques des guerriers Z, leurs postures, leur manière de combattre. Parfois, ces dessins donnent tout de même l'impression d'être un peu plat mais ces défauts sont compréhensibles car débuter sa carrière de mangaka par la suite d'une oeuvre mythique et mondialement reconnue comme étant un chef d'oeuvre ne doit pas être facile... Ça sera aussi un des points intéressants de la série que de voir la progression artistique de Toyotarō.

Si le dessin est un point fort de ce premier tome, le scénario n'en est pas un. Tout va beaucoup beaucoup trop vite et le manga ne prend pas le temps de poser l'intrigue. En effet, on y omet complètement les événements des films "Battle of Gods" et "La Résurrection de ‘F’". Ce qui, en plus de provoquer l'incompréhension totale chez les lecteurs qui n'auront pas vu les films, est réalisé très maladroitement et casse complètement les codes mis en place par Toriyama dans Dragon Ball Z où nous suivions les entraînements des héros jusqu'à l'apprentissage d'une nouvelle transformation. Ici, on nous donne l'impression que Goku et Vegeta ont atteint les stades de Super Saiyan God et Super Saiyan Blue (la façon dont l'appellation de cette dernière forme est introduite est d'ailleurs aussi maladroite) en une semaine. Même la séparation de Kaïô Shin et Kibito est traité très expressément. Pareil pour le discours de Beerus quand il décidé d'épargner la Terre, il nous apprend énormément de choses en une page, alors qu'on aurait préféré découvrir tout cela au cours du récit, jugeant de la puissance de Whis par nous-même, découvrant avec étonnement l'existence d'autres dieux de la destruction. Ce rythme effrénée dans le scénario nous laisse penser qu'on nous réserve un événement de taille avant la fin du premier tome, et qu'on veut y en venir le plus rapidement possible avant la fin de celui-ci... Et bien non, on nous sert un Tenkaichi Budokai inter-univers fade et sans saveur, où Goku ne mettra pas plus de dix pages à venir à bout d'un des cinq guerriers les plus puissants d'un univers voisin. Et il n'y a même pas d'enjeu concret pour Goku puisque si les représentants de son univers perdent, rien ne changera de son point de vue comme il le dit si bien.

Au-delà de ça, on nous présente un méchant, un grand méchant ultra-puissant épaulé par son serviteur encore plus puissant qui va détruire la Terre et Goku va devoir s'améliorer pour satisfaire la soif de combat de cet ennemi et une fois de plus sauver l'humanité... mais non, gros pétard mouillé, Goku va finalement faire ami-ami avec Beerus (le grand méchant ultra-puissant), s’entraîner avec Whis (le serviteur encore plus puissant) et l’aider à prendre le dessus sur son frère Champa...

Bref, ce premier tome de Dragon Ball Super déçoit et s'apparente plus à un plat de fast-food réchauffé qu'à la suite d'un chef-d'oeuvre à plus de 230 millions de ventes. Maintenant il faudra attendre le second tome que nous pourrons lire en juillet pour voir si Akira Toriyama et Toyotarō vont rehausser le niveau et nous servir une suite papier digne de ce nom à Dragon Ball Z.

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