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Avis sur Dreamland

Avatar Reymedy
Critique publiée par le (modifiée le )

Ce manga commence génialement, j'ai été happé, totalement, au point de ne pas voir nombres de faiblesses, ou plutôt, j'etais assez happé au début pour supporter de les ignorer.

Tout commence avec un petit bonhomme qui choppe un pouvoir, ouai mais pas n'importe quel pouvoir, et surtout, pas n'importe où.
DreamLand, c'est un manga qui se passe dans un monde parallèle, que tout un chacun peut visiter en rêvant.
C'est donc un monde partagé des rêves - me chuchote CaptainObvious -.
Dans ce monde il peut y avoir des rêveurs (les gens basiques... toi, moi, bref les gus useless) et les voyageurs, qui eux se sont presque "réveillés" pendant le rêve. En effet, ils ont affronté leurs cauchemards et peuvent maintenant parcourir librement dreamland là où les rêveurs peuvent juste rêver, et donc jamais vivre vraiment l'aventure dreamland.
Notre héro, Terence, a donc vaincu sa peur et dégotte un pouvoir en relation avec son cauchemard : la maitrise du feu.
Je vous passe l’intrigue qui va suivre, mais le but de ce Terence sera de chercher un « Eden », un lieu inaccessible de dreamland.

C'est donc avec un plaisir non dissimulé, français que nous sommes, que nous lisons ses aventures, ses balbutiements comiques dans dreamland. Car bien sur, il va rencontrer des camarades, tel Luffy formant son équipage (et le livre de Reno est très inspiré de ces aventures).
Mais le petit plus cocorico c'est qu'en parallèle on suit sa vie, ses études (en terminale donc... la terrible -LOL- épreuve du bac), ses amis, dans sa ville de Montpellier. Et là, autant dire que ça m'a bien plus parlé que les péripéties souvent racontées dans les mangas japoniais avec des filles au physique de pré-pubert dans leurs uniformes tous pareils et tous leurs clichés.

Voila, le décor est posé, il est alléchant. Et à côté de ça, les dessins sont très soignés et dans leur style, de toute bôtée! Avec des pages en kouleur au début! WI DLA KOULEUR, les mangas c'est de moins en moins cheap! Côté français, luxe et tout qui ressort?

Cependant, c'est bien vite que cela s'est essouflé pour moi, côté histoire. Je vais tenter d'expliquer un phénomène qui m'arrive parfois, qui est je pense due à la pléthore de mangas que j'ai pu brasser.
Passé la découverte de l'univers et de l'enjeu, qui suscite en moi un vif intérêt je me suis trouvé à me demander, si tout cela n'était pas un peu foullis.
En effet, au début j'étais tellement aspiré que je ne me posais pas la question, je n'étais pas très regardant, mais passé les premier tomes j'ai commencé à demander plus qu'un concept.

Je ne sais vraiment pas comment noter ce livre, car je trouve qu'il est encore brouillon.
Il y a trop de hauts et de bas. J'ai la douloureuse impression que Reno veut faire trop vite et trop bien. Il y a donc une overdose d'idée qui parfois sont mal développées. J'ai vraiment envie que ce récit murisse, qu'il prenne son temps pour profiter a 100% des excellentes idées qu'il distille. J'aime bien tous ces pouvoirs, bon ça sent le one piece mais ça dérange pas tant que ça, les seigneurs cauchemards, j'adore quand c'est bien hiérarchisé, ça donne envie de voir notre Terence progresser vers eux comme dans tout bon shonen.
Car loin de moi l'envie de passer gratuitement pour un connard qui veut downvote ce manga. Comprennez-moi, je l'aime, j'ai acheté tous les tomes avec mes deniers et suis avec passion les aventures. Je veux encourager Dreamland le plus possible. Et vous recommande cette aventure.

Seulement voila, certains chapitres me font me demander :"N'est'il pas aller trop vite?". Et cette impression sous-jacente de gâchis me turlupine sacrément. Avec en exemple le passage Atila, mince, je l'attendais, j'ai même pas eu le temps d'en savourer l'écoulement. Pourtant je le relis, pour trouver justement ce que moi-même j'aurais voulu voir différent, plus développé etc.

Je pense donc que parfois Reno est trop transporté par son histoire, trop impatient de mettre sur feuille son univers fascinant. Donc je le critique, je critique son univers aussi puissant que survolé. Ses personnages, dont à part les personnages principaux, on a du mal à s'attacher. Son scénario qui va dans tous les sens. Je ne doute pas une seule seconde qu'il sait ou il va. Mais entre l'imaginaire qu'il a de son livre, et ce qu'il nous livre, j'ai la désagréable sensation qu'il y a un gouffre et qu'il laisse son lecteur a mi-parcours.

J'essaye moi-même d'écrire un livre, et peut-être mon côté perfectionniste me fait sans-cesse écrire et réécrire les mêmes passages, sans pour autant en être jamais satisfait.
J'aimerais donc que Reno se demande à chaque planche, à chaque idée avancée : "Est la perfection dont je rêve pour mon histoire?". Ainsi, Dreamland dépassera nombre de mangas qui la plupart du temps tombe dans ces travers.

Voila ma critique de Dreamland, the manga français qu'il faut encourager et couver, car cette note c'est juste l'expression de mon profond désir de voir ce manga progresser encore et encore. Car nous sommes les premiers consomateurs de mangas après les Japonais, cet art c'est aussi le notre.
Et en donnant cet note je me vois comme un professeur (sans vouloir paraître trop prétentieux, gribouilleur que je suis), qui dit à son élève qu'il gâche parfois son talent. Mais qui le dit sincèrement, ce qui arrive dans 3% des cas (ouai nan, c'est pas le "des capacités, mais peu de travail", qui en fait veut dire que c'est dead l'école).

En espérant n'avoir pas été pris pour un pisse-froid, je vous dis "Peace voyageurs".
Et pis, tant pis le cas échéant. :'o(

PS : Bémol pour les scènes de "cul", je trouvais ça vachement hors de propos, okay il découvre le truc, mais c'était pas une raison pour tout ce qu'il y a eu dans mon opinion. Et je pense au "déniaisage" du héro.
Ca venait comme un cheveu sur la soupe, quelques jolis déhanchés par ci, par là, pourquoi pas. Mais c'est pas Berserk non plus, et dire que je le lisais avec ma petite soeur, y'a fallut que je lui explique que j'avais perdu le tome 4 (ou 5 j'ai un doute) pour cause de scène de cul intempestive. Quand c'était tourné en dérision ça passait crème (voir le passage des vieux qui copulent avec Terence caché derrière un canapé).
Bah, c'est pas un gros bémol, mais bon y'avait moyen d'éviter ça, ou de rendre la chose plus soft. Parce que Berserk, c'est cohérent, on savait tous dès le début qu'on aurait honte de le lire dans un bus, mais Dreamland je l'avais pas vu venir :-(

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