Un mariage et un enterrement

Avis sur En sa mémoire - Donjon Zénith, tome 8

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Des apprentis shamans, des herbes magiques, des épreuves initiatiques et … des intégristes religieux

Surprenant mais emballant, En sa mémoire continue de maintenir la sous-série Donjon Zénith à un haut niveau de qualité. Surprenant car contrairement à ce à quoi on aurait pu s’attendre suite à la lecture des opus précédents, l’intrigue de ce huitième Donjon Zénith ne sera centrée ni sur la reconquête du Donjon par Herbert, Marvin, le Gardien et tous leurs monstrueux copains, ni sur la prise de Vaucanson par Herbert (dont on sait qu’elle interviendra forcément tôt ou tard puisque le Grand Khan règne sur le duché de Vaucanson dans la sous-série Donjon Crépuscule – et même un peu avant cette époque (cf. Réveille-toi et meurs (DM13)). Le scénario de En sa mémoire fait en effet un pas de côté par rapport à la grande trame narrative de Donjon Zénith pour proposer une aventure indépendante du duo Herbert / Marvin, désormais démissionnaires du Donjon.

Loin de trouver cela dérangeant, j’ai au contraire beaucoup apprécié de lire une aventure un peu plus « intimiste » de notre tandem de héros préférés. D’autant que cela permet à Sfar et Trondheim de continuer l’exploration de l’univers de Donjon et de nous faire découvrir tout un tas de nouveaux lieux et personnages de Terra Amata. On découvre ainsi le village natal de Marvin ; on fait la connaissance de la communauté draconiste qui l’habite et on apprend entre autres tout plein de lois et de règles stupides et/ou drôles propres à la religion draconiste. Ajoutez-y l’introduction parfaitement réussie des tous jeunes Orlondow et Gilberto (futurs shamans dans Donjon Crépuscule) et vous obtenez un tome important en terme de background.

A côté de ça l’album est franchement emballant, avec un scénario aussi drôle que palpitant, comme dans tout bon Donjon Zénith qui se respecte, ainsi que plusieurs séquences chargées en émotion. Herbert qui pose des questions sans aucun tact à des gros dragons susceptibles et qui met les pieds dans le plat en enquêtant c’est rigolo ; le jeune Gilberto qui n’a jamais fumé de sa vie et qui dit que « la drogue c’est mal » c’est rigolo (surtout quand on sait comment il sera à Donjon Crépuscule !) ; Marvin qui pleure sa maman assassinée c’est émouvant. Et la quête que mènent nos héros est en soi aussi passionnante qu’improbable : d’abord simple mission pour aller annoncer des fiançailles, le tout va se transformer en traque vengeresse d’un mage puissant avec moult dragons gigantesques et guerriers féroces à affronter … bref, du Donjon tout craché !

Graphiquement, l’ensemble est pleinement maîtrisé et le tout est visuellement très plaisant. En tant que fan de Dragon Ball et grand amateur de culture geek, on sent que Boulet s’est fait plaisir sur cet album. Tous ses dragons et ses monstres ont un look hyper classe, et les scènes de baston sont dynamiques à souhait et plus spectaculaires que jamais. L’artiste fait également preuve d’une très grande inventivité sur les décors de cette histoire, entre paysages de forêts et de moyenne montagne, jungle luxuriante ou sources thermales naturelles, enrichissant ainsi la vision que l’on peut avoir de la planète Terra Amata.

Bref, encore du très bon Donjon Zénith, à la fois drôle, émouvant et bien mouvementé.

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