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Giant, tome 1

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La BD du jour nous entraine dans la ville qui ne dort jamais, New-York, 1932, sur le chantier du Rockfeller Center à l’heure de la grande dépression. A cette époque les files d’attente pour la soupe populaire se font de plus en plus longues et cette fin d’hiver pluvieuse plante un décor urbain magnifique servant de terrain de jeu idéal pour un illustrateur de la trempe de Mikaël.

Pour « Giant » énorme colosse Irlandais aux bras épais comme du bois de charpente, le quotidien se résume à monter sur les gratte ciels en construction pour y visser des rivets chauffés à blanc. Un assemblage de métal et de feu qui sied parfaitement à cet homme aussi fort que taiseux dont on ne sait pas grand-chose. A travers une correspondance entre lui et la femme d’un collègue irlandais décédé, on en apprendra davantage sur chacun des protagonistes et plus encore de la vie de la cité en général. Car New-York vit entre ces pages, on la sent vibrer par les ouvriers qui la construisent, on la sent gronder dans les moments difficiles, on la sent en osmose avec les humains qui grouillent entre ses murs de béton et d’acier. C’est un peu comme si on vivait une étude sociologique romancée du New-York de l’époque.
L’intrigue, somme toute classique, est truffée de dialogues absolument savoureux servie par des personnages secondaires tous plus attachants les uns que les autres (Notamment Dan, nouveau venu sur le chantier et un peu trop épicurien). L’exploration de la ville fourmillante de détails demeure une expérience de lecture absolument jubilatoire. En effet, on se promène dans un New-York fantasmé dont le voisinage composé de grandes gueules Irlandaises et de bandits Italiens plairait beaucoup à un Martin Scorcese. En lisant cette œuvre, impossible évidemment de ne pas penser au diptyque « Blue Note » (publié également chez Dargaud) qui jouait vraiment sur les mêmes codes. Enfin, au jeu des influences on pense aussi (dans une moindre mesure) à « La femme aux cartes postales » pour l’évocation d’une forme de rêve américain qui cache de bien sombres réalités. A se demander d’ailleurs si ce type d’explorations de villes en construction par des personnages en quête de renouveau ne deviendrait pas un genre en soi.
Un BD donc très actuelle, qui colle à son époque et impossible à lâcher quand on a commencé à la lire. Diablement efficace.

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